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Meurtre de sa femme

12 ans de prison et encore beaucoup de questions

Michaël Nguyen | Agence QMI

La mère d’une jeune femme tuée par son conjoint peut bien commencer à tourner la page maintenant que l’accusé a été condamné à 12 ans de pénitencier. Elle n'en ignore pas moins pourquoi un tel crime a été commis.

«Même si Jean-Philippe Mailhot a plaidé coupable (d’homicide involontaire), il reste beaucoup de questions quant à savoir ce qui l’a motivé et ce qui a poussé l’accusé à commettre l’irréparable», a admis Me Annabelle Sheppard de la Couronne ce lundi.

Mailhot, maintenant âgé de 34 ans, a été condamné pour avoir tué de 34 coups de couteau sa conjointe de 26 ans, Ana Maria Norbakk, en octobre 2004. Cela dit, même après toutes ces années et la saga judiciaire qui s’est déplacée jusqu’en Cour suprême, on ignore encore tout du mobile du crime.

«Je suis quand même contente de pouvoir fermer la porte, a toutefois expliqué Gunn Norbakk, la mère de la victime, qui continue de souffrir de la perte de sa fille. Tout s’est volatilisé, je n’étais plus capable de socialiser, j’ai vécu la solitude et mes amis ont disparu. Mon rôle (avec la fille de la victime maintenant adolescente) a changé de grand-mère à celui de mère.»

Rêves anéantis

Ana Maria Norbakk a vécu pendant sept mois avec Mailhot avant la tragédie.

«Croyant avoir trouvé l’amour, elle a quitté son Chili natal, a résumé le juge André Vincent. Elle n’a plutôt trouvé que de la désillusion et la mort.»

La nuit du drame, à leur domicile familial, Mailhot l'a poignardée 34 fois, notamment au cou et au cœur. C’est l’accusé qui avait appelé la police, mais il avait maquillé la scène pour faire croire à une introduction par effraction, même s’il était couvert de sang.

Le stratagème n’avait pas fonctionné et il a ensuite faussement prétendu qu’il avait «abrégé les souffrances» de la femme qui aurait tenté de se suicider.

«Je suis désolé pour les événements, j’espère juste que la sentence va apporter un peu de paix à tous», a dit l’accusé à la cour.

Selon un rapport psychiatrique, il aurait pu souffrir d’un «état dissociatif» lors du crime, si bien que les parties se sont mises d’accord pour qu’il plaide coupable d’homicide involontaire.

«Il a été brave, il m’a regardé dans les yeux pour me dire que c’est lui», a commenté la mère de la victime après l’audience.

Mailhot, qui a passé la majorité des 12 dernières années en liberté sous caution, a encore un peu plus de neuf ans à purger au pénitencier.

L’air serein, il n’a pas manifesté d’émotion, sauf quand une proche lui a lancé un «bye», avant qu’il n’entre dans le couloir devant le conduire à la détention.

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