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Bas-Saint-Laurent

Les permis pétroliers et gaziers bloquent la création d’aires protégées

Louis Gagné | Agence QMI

Jacques Poirier/L'Avant-Poste/Agence QMI

Les nombreux droits d’exploration que détiennent les compagnies pétrolières et gazières au Bas-Saint-Laurent nuisent à la création d’aires protégées.

C’est du moins ce que suggère une étude publiée mercredi par le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL) et la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec).

L’étude révèle que six des sept territoires qui avaient été proposés par la CREBSL pour devenir des aires protégées en 2013 sont couverts par des permis pétroliers ou gaziers. Ces permis couvriraient plus de 80% des terres situées au sud du Saint-Laurent.

Selon les auteurs de l’étude, «le chevauchement de permis pétrolier et gaziers avec les territoires d’intérêt» est la raison pour laquelle aucune des aires protégées qui avaient été proposées au gouvernement n’a encore été créée.

«Sans statut légal, ces territoires demeurent vulnérables à toutes formes d’activités industrielles», s’est inquiété le directeur général de la SNAP Québec, Alain Branchaud.

S’appuyant sur des précédents existants, le CREBSL et la SNAP ont demandé au gouvernement de révoquer les permis d’exploration ou de négocier leur abandon afin que les sept aires protégées puissent voir le jour.

«La démarche qui a mené à l’identification de ces aires est un modèle de démocratie qui doit être respecté par le gouvernement, a soutenu la directrice du CREBSL, Luce Balthazar. Ce processus de consultation s’est effectué dans les règles de l’art par la tenue de huit séances d’information et d’audition qui ont eu lieu dans quatre villes différentes et ayant mobilisé plus de 130 acteurs régionaux.»

Les deux groupes environnementaux ont rappelé que le Québec s’était engagé à protéger 12% de son territoire d’ici 2015, puis 17% d’ici 2020. Ils ont également fait remarquer que le Bas-Saint-Laurent accusait un retard avec seulement 4,5% d’aires protégées. Les sept territoires d’intérêt qui ont été identifiés permettraient de porter le niveau de protection à plus de 7%.

«Ces territoires permettront de combler les carences écologiques qui persistent en milieu naturel en plus de protéger les éléments rares de la biodiversité et d’augmenter la connectivité entre les territoires protégés», a fait valoir le président du CREBSL, Yanick Gendreau.

Territoires identifiés par la Conférence régionale des élus du Bas-Saint-Laurent pour devenir des aires protégées

1. Lac de l’Est

2. Réserve Duchénier

3. Rivière Matapédia

4. Rivière Assemetquagan

5. Rivière Causapscal

6. Rivière Cap-Chat (Chics-Chocs)

7. Rivière Cascapédia