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«Star Wars: le réveil de la force»

Doug Chiang, le gardien de la saga

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

COURTOISIE/DOUG CHIANG/LUCASFILMS

À 54 ans, Doug Chiang est vice-président de Lucasfilms. Ayant commencé à travailler avec George Lucas pour «La menace fantôme», il est aujourd’hui le gardien de l’univers visuel de «Star Wars».

Car c’est lui qui a imaginé, avec son équipe, le renouveau de la saga interplanétaire et qui œuvre également sur «Rogue One: A Star Wars Story», le long métrage en salle en décembre.

À la base de tout projet cinématographique, il y a un directeur artistique, qui détermine la facture visuelle dans ses moindres détails, donnant ainsi le ton au long métrage. Son travail est visible partout et, dans le cas de Doug Chiang et de «Star Wars: le réveil de la force», son influence artistique se fait sentir des vaisseaux aux Stormtroopers en passant par la géographie des planètes et les costumes des personnages. C’est à l’occasion de la sortie du long métrage en formats numériques, DVD et Blu-ray que Doug Chiang a partagé son expérience.

Une peur bleue...

Amateur de «Star Wars» depuis qu’il a vu «La guerre des étoiles» à l’âge de 15 ans, Doug Chiang se souvient encore d’avoir eu peur de ne pas être à la hauteur de la tâche quand il a été embauché comme superviseur des designs pour «Star Wars épisode 1: La menace fantôme». Son supérieur? George Lucas! Si, aujourd’hui, ce souvenir le fait rire, il admet avoir ressenti à peu près la même chose quand le projet ultra-secret à l’époque de «Star Wars: le réveil de la force» est arrivé sur son bureau.

«Ce qui m’a fait le plus peur a été le fait que je n’étais plus au courant des dernières technologies. En fait, je ne connaissais rien aux différents logiciels utilisés pour modéliser des environnements en 3D. Je me suis donc dit qu’il fallait que je sois capable de travailler aussi bien que les jeunes du département! J’ai donc passé tous mes temps libres et mes soirées à apprendre les logiciels pour être en mesure de faire mon travail», a-t-il raconté. C’est que, après «Star Wars épisode II - L'attaque des clones» sorti en 2002, il a œuvré avec Robert Zemeckis et Steven Spielberg sur des longs métrages aussi diversifiés que «Beowolf» ou la «Guerre des mondes» avant de revenir au sein du giron de Lucasfilm.

Il ne s’en cache pas, la base de son travail est constituée de recherches sur des sujets et des environnements géographiques variés. Dans le cas de «Star Wars: le réveil de la force», il y avait également le respect de l’imagerie et du visuel développés par George Lucas pour le tout premier volet de la saga, sorti en 1977. «C’était très important pour nous de respecter cela. Souvenez-vous de la propriété des parents de Luke Skywalker sur Tatooine. Bien sûr, nous ne pouvions pas, et nous ne voulions pas, reproduire cela, mais Jakku rappelle cela. Il faut aussi savoir qu’à l’époque les films de George Lucas ont détenu le record du nombre de maquettes réalisées pour un long métrage.»

Modernisation...

Car le respect de l’œuvre originale est aussi important que la modernisation et l’utilisation des technologies récentes. Impossible, en parlant à Doug Chiang de ne pas lui demander l’origine de BB-8, adorable robot circulaire de «Star Wars: le réveil de la force» et de le questionner sur l’influence des studios Disney dans le design. «Pas du tout!, répond-il. En fait, c’est J.J. Abrams qui a, un jour, dessiné le robot. Sur une feuille, il avait mis deux sphères l’une sur l’autre», ce design très simple – mais nécessitant beaucoup de travail et la construction de plusieurs modèles pour le tournage – étant inspiré par les tout premiers designs de R2D2.

Et, à une époque où les cinéphiles, surtout les jeunes, sont exposés à une myriade d’effets spéciaux, Doug Chiang estime que son travail n’est pas nécessairement plus compliqué qu’avant. «En fait, je ne pense pas qu’il soit nécessairement plus difficile de faire rêver le public. Je pense sincèrement – et mon travail avec Robert Zemeckis, qui était à l’avant-garde de la technologie, me l’a prouvé – que nous avons fait le tour. C’est le réalisme qui prime et l’immersion dans un univers, et la simplicité est devenue la règle d’or.»

Est-ce l’approche qu’il a privilégiée pour «Rogue One: A Star Wars Story» qui sort en décembre? Impossible de le savoir, Doug Chiang étant tenu au secret le plus strict. Réponse donc, sur les écrans à la fin de l’année.

«Star Wars: le réveil de la force» est disponible en format numérique HD depuis le 1er avril. Le film est disponible en Combo Blu-ray et DVD le 5 avril.

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