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Conditions exceptionnelles

Une année record pour la production de sirop d'érable

Yves Charlebois | Agence QMI

Les acériculteurs ont le sourire aux lèvres ce printemps, les érables coulent à flots. De la Montérégie au Bas-Saint-Laurent, la température a été exceptionnelle avec des gels la nuit et des températures au-dessus du point de congélation pour permettre aux érables d'avoir une coulée durable au fil des jours.

Il faut savoir que la région de Chaudière-Appalaches, soit de Montmagny en passant par la Beauce jusqu'à Thetford Mines, représente plus de 40 % de la production québécoise. Elle est suivie du Bas-Saint-Laurent qui produit 24 % du sirop d’érable, l'Estrie 18 % et la Mauricie 12%. Loin derrière, la Montérégie représente 6,5 % de la production au Québec et les régions de Lanaudière et de Laval 1,65 %.

À Saint-Ferdinand près de Thetford Mines, Gabrielle Turmel, Jean Gardner et leur fils Tommy ont une érablière de 6 000 entailles.

«J’ai présentement le double de la production de l’année dernière et ce n’est pas terminé. Il reste encore une bonne semaine», a indiqué Jean Gardner.

Le trio vend la majorité de sa production en barils, mais fait également plusieurs produits de l’érable qu’il vend à la ferme.

Pierre Lemieux, de Cap-Saint-Ignace, près de Montmagny, a 13 000 entailles. Pour lui, à date, c'est une très bonne année.

«J'ai réalisé 50 % de ma récolte et, chez nous, une année normale se poursuit jusqu'au 24 avril, a souligné l’acériculteur. Avec les gelées annoncées pour la semaine prochaine, ça va très bien. Mon fils a une érablière à Sainte-Perpétue dans le comté de L'Islet et il est, lui aussi, une semaine à l'avance.»

Sud du Québec

En plus d'être président de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, Serge Beaulieu, a une grosse érablière de 28 000 entailles à Ormstown, à une trentaine de kilomètres au sud de Salaberry-de-Valleyfield.

« Cette année, ça n'a pas d'allure. J'ai loué deux citernes pour transporter mon eau et il en aurait fallu deux autres. Je suis rendu à 4,1 livres à l'entaille et je m'en vais à plus de cinq livres (la moyenne québécoise est de 2,5 livres à l'entaille*), a affirmé Serge Beaulieu. Dans mon coin, nous sommes en manque de barils pour mettre le sirop, le vendeur n'en a plus en acier inoxydable à nous vendre ».

Selon M. Beaulieu, avec les gels de la prochaine semaine, ça va continuer pour au moins une semaine dans sa région. Comme président de la fédération, il ne craint pas un surplus.

«Tous les acheteurs-transformateurs (ils sont une centaine) augmentent de 10 à 15 % leurs besoins chaque année, il faut du sirop pour fournir le marché», a-t-il précisé.

Près de Québec

D'une région à l'autre, les températures varient beaucoup. À Saint-Ubalde dans Portneuf,

Micheline Marcoux exploite, avec son conjoint Richard Perron, une érablière de 33 000 entailles sur le rang C.

«Cette année, c'est excellent, nous sommes rendus le vendredi 1er avril à 1,5 livre à l'entaille et les sucres durent chez nous jusqu'au 30 avril normalement», a soutenu M. Marcoux.

Son érablière produit principalement du sirop en baril pour la coopérative Citadelle de Plessisville. Micheline Marcoux s'adonne également à la confection de tire, de beurre, de cornets et de sirop en boîte, qu’elle vend directement à son érablière.

«J'ai un bon marché avec les gens de la base de Valcartier et je suis très connue dans ma région», a-t-elle indiqué.

Les bons achats

Pour les consommateurs, le début du mois d’avril est le meilleur temps pour se procurer du sirop. Son prix dans une érablière peut varier de 42 $ à 60 $ pour un emballage de huit boîtes (le vieux gallon).

Il est à noter que le goût du sirop varie d'une érablière à l’autre et d’une région à l’autre. Les érables à sucre (Acer saccharum) sont principalement à flanc de colline ou de montagne. Il s’agit l'arbre le plus recherché pour le sirop d'érable et celui qui procure l'eau la plus sucrée.

Dans les basses terres, on retrouve l'érable rouge (Acer rubrum), communément appelé la plaine, qui produit également de l'eau d'érable. Les puristes ne jurent que par l'érable à sucre, même si le sirop de plaine est très bon.

La meilleure façon de développer son goût pour le sirop d’érable est de s'en procurer dans plusieurs régions et de le comparer. L’avantage d'obtenir du sirop d'un seul acériculteur au lieu d'une marque commerciale, à part le prix avantageux, est qu'il n'y a aucun mélange de sirop d'une érablière à une autre.

* Une boîte de conserve de sirop d’érable de 540 ml contient 1,6 livre de sirop. Le sirop d’érable est vendu à la livre, car les principaux acheteurs sont des Américains qui utilisent toujours au système impérial.

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