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Sigma

Une solution montréalaise aux problèmes énergétiques de l’Arctique

Lise Millette | Agence QMI

 - Agence QMI

LISE GIGUÈRE/AGENCE QMI

Une entreprise montréalaise est en voie de développer une solution aux problèmes énergétiques de l’Arctique, grâce à un système de stockage hybride d’énergie.

Les problématiques énergétiques dans le Grand Nord canadien se traduisent par une utilisation importante du diesel, brûlé pour produire de l’électricité et relâchant ainsi de nombreux polluants dans l’atmosphère fragile de l’Arctique.

En captant les pertes ou le surplus d'énergie, Sigma soutient que sa solution réduira les émissions de gaz à effet de serre produits par les génératrices et permettra aussi de résoudre plusieurs problématiques associées aux énergies renouvelables

«Nous proposons un système hybride, à la fois mécanique et technique, qui permet d’emmagasiner cette énergie», a expliqué le cofondateur de Sigma, Martin Larocque.

Une fois stockée, l'énergie peut être conservée pour plus tard, ou exportée par conteneur dans le système mis en place par Sigma.

Un tel système viendra minimiser le gaspillage de l’électricité et pourra aussi prendre la relève lorsque des énergies renouvelables ne produisent pas d’électricité.

«Cela permet à des énergies renouvelables de s’intégrer plus facilement dans un réseau. Quand il vente la nuit, il n’y a pas de demande énergétique parce que les gens dorment. C’est là où un système de stockage prend tout son sens, afin de pouvoir utiliser l’énergie lorsque les gens en ont besoin, peu importe qu’il vente ou pas», a résumé M. Larocque.

De cette manière, Sigma réglera du même coup le problème d'intermittence, le talon d'Achille des énergies renouvelables.

La première version de la technologie de Sigma représente 500 kW/2 MWh, et pourrait desservir un microréseau d’une cinquantaine de résidences. Ce système pourrait ainsi être déployé dans des communautés nordiques, mais aussi des installations forestières ou diverses collectivités de travailleurs. M. Larocque se dit convaincu que le marché est vaste et représente des milliards en possibles retombées.

«En Afrique, quand on y pense, 600 millions de personnes n’ont pas l’électricité! Notre marché a un potentiel gigantesque partout dans le monde. Nous sommes plus qu’enthousiasmes et nous voulons en faire un fleuron québécois», a résumé le président de l’entreprise.

Sigma vient de recevoir une subvention 2,4 millions $ de la part de Technologies du développement durable Canada (TDDC), un fonds d’investissement qui vient accompagner les entreprises entre l’étape de la recherche et développement et celle de la commercialisation. La ministre fédérale de l’Environnement, Marie-Claude Bibeau, estime que cet engagement financier contribuera au développement d’énergies plus propres.

«C’est une belle reconnaissance du caractère novateur des technologies qu’elle développe en matière de stockage d’énergies vertes», a affirmé Mme Bibeau.

Fondée à Sherbrooke en 2011, Sigma espère pouvoir commercialiser son système en 2018.

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