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La police accusée de négligence

Les proches de huit femmes assassinées demandent justice

Agence QMI

Les proches de huit femmes assassinées au Québec dans les 1970 demandent au gouvernement provincial de lancer une enquête publique pour mettre fin à ce qu’ils considèrent comme de la négligence policière concernant ces dossiers.

Aidés de l’avocat Marc Bellemare et du réalisateur Stephan Parent, les parents des victimes tentent d’obtenir, plus de 40 ans plus tard, sinon la justice, du moins une certaine paix, en demandant aux différents services policiers impliqués de leur remettre les informations et preuves faisant partie des dossiers.

Loin de trouver l’apaisement escompté, les familles se heurtent depuis longtemps à l’indifférence de la police à leur égard, au manque de transparence et à l’incompétence des corps policiers locaux, disent-elles.

En leur nom, Me Bellemare a fait parvenir une lettre au ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, faisant état des obstacles auxquels les proches se heurtent.

«Sous prétexte de ne pas “nuire à l’enquête” alors qu’à l’évidence aucune telle enquête n’existe, on maintient les familles dans l’angoisse et l’ignorance», a écrit M. Bellemare.

Les victimes concernées, âgées de 16 à 23 ans au moment de leur disparition, sont: Sharron Prior (1975), Louise Camirand (1977), Joanne Dorion (1977), Hélène Monast (1977), Denise Bazinet (1977), Lison Blais (1978), Theresa Allore (1978) et Roxanne Luce (1981). Les corps des victimes ont été retrouvés, après une période de disparition, principalement dans la grande région de Montréal et en Estrie.

Selon Stephan Parent, qui est l’auteur d’un reportage sur les enfants disparus et qui soutient les familles dans leur démarche, les proches de 30 femmes assassinées ont manifesté leurs désarrois et pourraient joindre leur voix à celles des huit familles.

Incompétence

Pour illustrer l’incompétence policière, M. Bellemare explique dans sa lettre que les familles Prior et Luce ont appris avec stupéfaction que la police de Longueuil avait détruit des prélèvements du tueur et d’autres pièces à conviction.

En plus de demander une enquête publique, les proches demandent que toutes les enquêtes de meurtre et de disparition soient menées exclusivement par la Sûreté du Québec; qu’un protocole rigoureux assure la conservation des prélèvements et pièces à conviction dans un endroit centralisé à la SQ; que les familles soient informées systématiquement de l’évolution de l’enquête et qu’elles aient accès au dossier complet de la police si, 25 ans après le meurtre, aucune accusation n’a été portée.

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