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Relations économiques

Québec envisage l’ouverture d’un bureau permanent à Cuba

Denise Proulx | Argent

Québec envisage d’inaugurer un bureau politique directement à Cuba pour aider les entreprises québécoises à prendre le leadership dans l’ouverture économique de l’île des Caraïbes vers l’économie de marché.

«On a des ambitions, car ça va dans la logique de nos démarches, si on veut établir des relations complètes», a commenté la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, en marge du séminaire «Cuba : gardez une avance sur la concurrence» organisé mardi par la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain.

Il y a tout juste une semaine, le conseil des ministres a adopté par décret d’inclure Cuba au sein des responsabilités de la Délégation générale du Québec à Mexico et a réservé une somme de 100 000 $ par année pour soutenir les activités avec Cuba.

Une série d’appels d’offres sera lancée d’ici juin pour concrétiser des partenariats entre des PME québécoises et des entrepreneurs cubains.

«Québec a tout intérêt à être un partenaire socio-économique de Cuba. Les secteurs et postes de collaboration sont foisonnants», a ajouté la ministre St-Pierre. «Par exemple, le système coopératif les intéresse énormément. On a senti un immense intérêt pour la question du patrimoine culturel, la protection de la langue et de la culture. On peut partager notre expertise législative dans ce secteur-là.»

Formation touristique

Parmi les projets qui avancent rapidement, il y a celui d’un partenariat entre l’Institut de tourisme et l’hôtellerie du Québec (ITHQ) et le ministère du Tourisme cubain.

L’ITHQ prépare une délégation exploratoire à la Foire internationale du tourisme de La Havane, qui se tiendra au début du mois de mai prochain, pour approfondir les discussions lancées lors de la visite du ministre du Tourisme cubain et de son sous-ministre, en mars.

L’objectif avoué est de participer au perfectionnement de la main-d’œuvre cubaine, d’aider le pays à développer sa gastronomie locale et à élever l’accueil touristique à la hauteur des attentes d’une clientèle de plus en plus exigeante.

«Nous voulons travailler avec leur milieu agroalimentaire et touristique, établir une complicité. Il y a beaucoup de travail à faire pour trouver la bonne formule, bien faire les choses, pour qu’elles soient permanentes», a expliqué la chargée de mission à l’ITHQ, France Dionne.

Mission commerciale

Malgré la lenteur des discussions, due notamment à l’organisation d’un système juridique complexe et à saveur socialiste, «il faut se grouiller et intensifier les efforts pour comprendre les priorités sur lesquelles on peut travailler avec les Cubains», a rappelé Zandra Balbinot, professeure du département de marketing de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM.

Le milieu des affaires prépare donc une mission commerciale vers Cuba pour l’automne 2016.

«Des activités préparatoires seront tenues dans les mois précédents, afin de fournir aux entreprises intéressées les outils pour les aider à s’y préparer et faire avancer les discussions sur leurs projets», a mentionné le président de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, Michel Leblanc.

Sous la gouverne d’Export Québec, la mission commerciale sera limitée à 12 entreprises, dans des secteurs spécifiques.

Le pays cherche notamment des partenaires pour le développement de sa zone de développement spéciale Mariel, un port de mer en eaux profondes. Les entreprises des secteurs de l’agroalimentaire, de l’assainissement de l’eau et du recyclage sont très recherchées.

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