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Continuer ou vendre à un concurrent

Un sursis de 45 jours pour Jardins Val-Mont

Carl Renaud | Argent

Le Valmont Galerie Gastronomique a été fermé la semaine dernière

Courtoisie

Le Valmont Galerie Gastronomique a été fermé la semaine dernière

La Cour supérieure vient d’accorder un sursis supplémentaire de 45 jours à la chaîne Jardins Val-Mont, pour lui permettre de se restructurer. Le marchand de fruits et légumes étudie deux scénarios : poursuivre ses opérations ou vendre ses magasins à un concurrent.

Jardins Val-Mont n’exploite plus que trois succursales (les épiceries Valmont) depuis la fermeture de son magasin du Quartier Dix30, la semaine dernière. Les sites en activité se trouvent à Boucherville et sur le Plateau Mont-Royal, à Montréal.

«Le magasin du Quartier Dix30 n’était pas profitable et il affectait le reste du groupe. Les grandes surfaces se sont repositionnées pour lutter contre cette catégorie de commerces», a expliqué Dave Coossa, le syndic responsable du dossier chez KPMG.

L’établissement de la Rive-Sud de Montréal avait ouvert ses portes il y a moins d’un an, le 30 avril 2015. Valmont Galerie Gastronomique ciblait une clientèle sophistiquée avec une offre bonifiée proposant des repas du chef Ian Perrault, des produits de LORRAIN Boucherie et Poissonnerie, des pains d'Arhoma et des desserts de la Pâtisserie Rolland. 

Les Jardins Val-Mont a déposé un avis d’intention de faire une proposition en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, le 10 mars dernier. Le détaillant qui a déjà compté huit établissements dans la grande région de Montréal a accumulé des dettes de 14,8 millions $.

Le principal créancier de l’entreprise est Richard Fortin, l’un des cofondateurs d’Alimentation Couche-Tard. Les Jardins Val-Mont, détenue par son fils Éric Fortin, lui doit 14,5 millions $.

«La priorité de la direction est de s’assurer que les emplois soient conservés et que les magasins vont demeurer ouverts», a expliqué le syndic Dave Coossa.

Difficile ailleurs au Québec   

La chaîne Jardins Val-Mont n’est pas le seul détaillant de fruits et légumes à avoir éprouvé des difficultés, dernièrement au Québec. En 2015, le Groupe Épicia, propriétaire de quatre enseignes, comme Le Jardin Mobile et le Marché Végétarien, s’était aussi protégé de ses créanciers, après avoir accumulé des créances de près de 23 millions $.

Depuis, l'entreprise a fermé au moins 14 magasins au Québec dont 11 succursales Le Jardin Mobile situées dans la région de Québec. Le marchand, qui appartenait notamment à la Corporation financière Champlain, a également été vendu à l’homme d’affaires Mario Vanier.

«Le prix des aliments a augmenté depuis quelques années. Pour le consommateur moyen, ça fait une différence. Dans ce contexte, les épiciers à escomptes et les grandes chaînes comme Walmart et Costco ont haussé leurs parts de marché», a commenté Jo-Anne Labrecque, professeure de marketing à HEC Montréal.

La spécialiste ne croit pas pour autant que les marchands de fruits et légumes sont voués à disparaître. Elle estime que l’ambiance, le service, la diversité des produits et la proximité de ces magasins plairont toujours à certains clients.  

 

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