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Policiers dissimulés

Des «trappes à ticket» pour piétons dans le Vieux-Montréal

Améli Pineda

 - 24 Heures

AMÉLI PINEDA/24 HEURES/AGENCE QMI

Des rues du Vieux-Montréal se sont transformées en «trappes à ticket» depuis une semaine puisque des policiers dissimulés attendent que les piétons commettent une infraction pour les intercepter.

Vendredi dernier, le «24 Heures» a assisté à la tournée de deux policiers qui attendaient les piétons sur plusieurs intersections pour distribuer des contraventions.

Les agents étaient cachés dans une voiture banalisée. Les policiers se stationnaient au coin de différentes rues pour attendre que les piétons traversent notamment au feu de circulation rouge pour les intercepter.

Une fois l’infraction commise, les policiers sortaient du véhicule et interpellaient les fautifs.

Les agents sont même allés jusqu’à courir après les piétons pour les arrêter et leur faire part de leur infraction.

Pour «gagner du temps», ils ne notaient que le numéro du permis de conduire des piétons et les avisaient que leur constat de 48$ leur serait envoyé par la poste.

«Ils ne prennent même pas le temps d’écrire la contravention, c’est plus rapide et plus payant. Je trouve ça vicieux leur façon de faire, de se cacher pour nous prendre au piège. Avec les piétons, les policiers viennent de trouver leur nouveau ‘jackpot’», a déploré Jean-Charles Savard, qui s’est fait prendre.

Lors du passage du «24 Heures», en moins d’une demi-heure, plus d’une dizaine de constats ont été émis.

Les agents se sont déplacés sur plusieurs intersections du même secteur, notamment sur la rue Saint-Jacques, au coin de la rue Saint-François-Xavier, pour ensuite se garer sur des espaces de bornes Bixi, au coin de la rue Saint-Pierre.

Pas de piège

Au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), on confirme qu’une attention plus particulière est portée aux infractions commises par les piétons depuis le début du mois.

«On a lancé une opération printanière partout en ville qui vise à sensibiliser les piétons au respect du Code de sécurité routière parce qu’à Montréal, la moitié des victimes de la route sont des piétons», a expliqué André Durocher, inspecteur à la division de la sécurité routière du SPVM.

M. Durocher refuse de qualifier les endroits choisis pour mener les opérations de «pièges».

Les intersections sont ciblées parce que des accidents y sont plus fréquents ou parce qu’elles sont très achalandées.

«Quand on travaille sur le comportement, on choisit des intersections achalandées. On n’ira pas se placer dans une rue où il n’y a pas de piétons, le but c’est de changer une mauvaise habitude», a dit M. Durocher.

Pour ce qui est des voitures banalisées, il s’agit d’un outil parmi tant d’autres pour faire le message, explique-t-il.

«Les gens qui se font prendre ont commis une infraction, ils ont traversé une lumière rouge. Le but, c’est justement de faire en sorte que les gens respectent la signalisation en tout temps, qu’il y ait ou non des policiers», a fait valoir M. Durocher.

Au moment de mettre sous presse, il n’avait pas été possible d’obtenir le nombre de constats émis depuis le début de l’opération.

Selon M. Durocher, un bilan sera disponible à la fin de la semaine.

Il a toutefois souligné que depuis le début de l’année, cinq piétons ont péri dans des accidents de la route à Montréal, tandis qu’à pareille date l’an dernier, on en dénombrait deux.

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