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Le Nouveau Québec Inc.

Maître de sa fabrique de bagels

Denise Proulx | Argent

Stéfanie Vincent et Daniel Curran

Michel Desbiens/Agence QMI

Stéfanie Vincent et Daniel Curran

Lorsqu’ils revenaient au Québec, René Angelil et Céline Dion ne manquaient jamais d’envoyer leur chauffeur au Bagel Sainte-Rose, une boutique-restaurant qui a pignon sur rue dans le quartier historique de Sainte-Rose à Laval, pour y acheter de huit à dix douzaines de bagels. Le propriétaire, Daniel Curran, plaçait la commande dans le coffre de la limousine, rouge de fierté.

«C’était notre meilleure preuve que nos bagels sont les meilleurs», lance le propriétaire du restaurant qui vend 500 douzaines de bagels par semaine. 

Daniel Curran vient d’ouvrir une toute nouvelle usine à Blainville, La Fabrique À Bagel, pour confectionner la pâte de ses petits pains ronds.

«On ne veut plus dépendre de quelqu’un. On a eu assez de problèmes avec ça», explique l’homme d’affaires. «Dorénavant, nous avons la capacité de procéder de A à Z et de fournir notre restaurant avec une pâte crue qui est cuite sur place. Nous aurons aussi une boutique à l’usine, où la clientèle pourra acheter des bagels tout juste sortis du four.»

Quand Daniel Curran a eu l’idée d’acheter le restaurant Bagel Sainte-Rose il y a huit ans, sa conjointe Stéfanie Vincent lui a donné un coup de main pour l’administration des affaires. Gênée, elle avait un mal fou à prendre les commandes des clients... Ce qui n’est visiblement plus le cas aujourd’hui.

«C’est une visionnaire, avec une immense capacité de créativité, en plus d’être une excellente gestionnaire. Elle a développé des menus qui varient constamment. C’est elle qui a fidélisé notre clientèle», raconte Daniel Curran.

Rien ne se perd avec les bagels de Stéfanie. En plus d’être offerts en sandwich, ils sont disponibles en bâtonnets, en chips, en cubes.

«En fabriquant nous-mêmes notre pâte à bagel, nous pourrons augmenter leurs ventes à d’autres restaurants qui cherchent aussi des petits pains très frais. On planifie fournir des boulangeries avec de la pâte congelée qu’elles pourront ensuite cuire à leur guise», indique le président de la Fabrique À Bagel.

Sortir de la cuisine  

L’objectif avoué du couple est de développer une clientèle élargie qui se procurera de la pâte sans pour autant laisser de côté leur relation avec les amateurs de bagels qui viennent au restaurant. Les propriétaires de la Fabrique À Bagel aspirent à consacrer plus de temps au développement des affaires pour consolider leur place dans le marché, malgré la concurrence grandissante.

«On rêve d’ouvrir des petits comptoirs dans des villes, un peu partout dans le Québec, où les consommateurs et les touristes pourront venir faire leurs provisions de bagels, avant de rentrer chez eux. On se fait dire par des clients qu’ils ont goûté ailleurs et qu’ils reviennent chez nous parce que nos bagels sont plus moelleux. On sait que c’est un gage de réussite», ajoute avec confiance Daniel Curran.

Profil de l’entreprise

La Fabrique À Bagel

Domaine d’affaires : confection et vente de bagels

Restaurant : quartier Sainte-Rose, Laval

Usine : Blainville

Actionnaires : Stéfanie Vincent et Daniel Curran

Nombre d’employés : 10

Facebook : Bagel Sainte-Rose

Trois questions à Daniel Curran

Quelle est votre meilleure décision d’affaires ?

«Ne plus dépendre de personne pour nous fournir notre matière première.»

Quelle est votre pire décision d’affaires ?

«Vouloir tout faire par nous-mêmes.»

Quel conseil donneriez-vous à un jeune entrepreneur ?

«N’aie pas peur d’innover avec un produit traditionnel, pour éviter les pertes.»