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Commande de Bombardier

«Le fédéral doit absolument investir» — Philippe Couillard

Agence QMI

Malgré l’annonce d’une importante commande pour Bombardier, le premier ministre Philippe Couillard estime qu’il est «normal et attendu que le gouvernement fédéral» investisse également dans le projet de la CSeries , «quel que soit son niveau de participation».

S’il aurait préféré que le gouvernement fédéral fasse partie du projet bien avant l’annonce de jeudi, M. Couillard soutient qu’il faut absolument qu’il investisse. «Il est encore temps d’y venir pour donner plus de flexibilité au programme au cours des prochaines années», a dit le premier ministre en entrevue avec Pierre Bruneau à TVA Nouvelles.

«Avec l’annonce de [jeudi] et celle d’Air Canada, le programme est assuré quel que soit le niveau de participation du fédéral», a toutefois assuré le premier ministre.

Si le fédéral s’est réjoui jeudi de l’annonce de la commande de 75 avions par le transporteur aérien Delta, il est toutefois resté muet quant à une possible aide financière à la compagnie québécoise.

«Une énorme fierté»

M. Couillard a rappelé qu’Ottawa s’est porté au chevet de l’industrie automobile à coup de milliards de dollars et croit qu’il n’est pas trop tard pour investir dans le projet de Bombardier. «Il faut qu’il soit là, a-t-il ajouté. Je suis persuadé que c’est important que le gouvernement fédéral soit là.»

D’autant plus que la Série C de Bombardier est «le plus gros et le plus grand projet d’innovation canadien», a-t-il mentionné.

Philippe Couillard s’est dit énormément fier de cette «réussite absolument extraordinaire». «C’est Québécois, c’est notre génie québécois du 21e siècle, a-t-il souligné. Ça vient de chez nous.»

Le chef libéral a néanmoins regretté les divisions politiques qui ont nui à la compagnie. «On a bien fait nous au gouvernement de faire preuve de vision, d’audace de soutenir Bombardier», a-t-il dit, soulignant que même si le pari était risqué, «il fallait poser ce geste».

«Heureusement, on a une bonne conclusion, mais surtout un nouveau départ parce que c’est plusieurs années de commandes, plusieurs années d’emploi, d’activités économiques non seulement pour les travailleurs, les familles de Bombardier, mais également tous les fournisseurs liés au secteur aéronautique de Montréal», a-t-il fait savoir.

«Ça fait combien de temps qu’on n’a pas vu ce genre de projet d’envergure mondial arrivé au Québec ? De voir un avion avec la fleur de Lys dessus décoller pour être vendu partout dans le monde, est-ce que ce n’est pas une source de fierté extraordinaire ? C’est ça la nouvelle économie, la nouvelle prospérité qu’il faut bâtir au Québec», a ajouté le premier ministre.

Bénéfice à plusieurs endroits

Dans un secteur comme celui de l’aéronautique qui subit des soubresauts conjoncturels, ainsi que de la concurrence et de la compétition, M. Couillard croit que l’appui de son gouvernement est important, notamment pour Montréal, «troisième ville aéronautique du monde».

«C’est gage de prospérité d’emploi et d’activité économique pour notre grande région de Montréal et du Québec pour biens des années», a-t-il dit.

Le premier ministre a également expliqué: «Ça devrait prendre quatre ou cinq ans pour que l’entreprise qu’on a créée verse des dividendes». Il a également mentionné la possibilité pour le gouvernement «lorsque l’action atteint un certain niveau d’acquérir des actions de la compagnie mère qui pourrait nous amener un pourcentage de propriété d’actions intéressants».

Investir dans la Série C n’est pas «un geste de banquier, a martelé le chef libéral, parlant surtout d’un «geste d’agent économique pour faire en sorte que le Québec soit au premier rang de l’innovation mondial».

M. Couillard a aussi laissé entendre que le siège social de Bombardier restera au Québec. «Bombardier est une compagnie qui a le Québec tatoué profondément, a-t-il assuré. La famille fondatrice est profondément identifiée au Québec. Avec l’entente qu’on a conclue avec la compagnie Bombardier, on sait maintenant que le siège social, les activités d’ingénierie, de recherche et développement, d’assemblage, d’entretien avec le centre d’excellence vont être maintenues à Montréal pour bien des années.»

Par ailleurs, sur Air Canada, M. Couillard a bon espoir que le dossier se règle aussi bientôt. «D’abord il faut que maintenant Air Canada transforme- et je n’ai aucune raison de croire aujourd’hui que ce n’est pas le cas, au contraire - ses intentions en commande ferme. Je pense que ça va arriver assez prochainement», a-t-il dit.

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