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Commande de Bombardier

Le fédéral s'en réjouit, mais reste muet sur l'aide financière

Dominique La Haye | Agence QMI

Le gouvernement Trudeau se réjouit de l’annonce de la vente d’avions de la CSeries de Bombardier, mais il se contente de dire que les discussions se poursuivent «activement» quant à une possible aide financière d’Ottawa à la compagnie québécoise.

«Je suis ravi d’avoir appris que Bombardier a fait cette belle vente à Delta. Je pense que c’est le plus bel exemple de la capacité du Canada d’innover. Vraiment, c’est un avion fantastique», a réagi le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

«C’est une belle nouvelle pour Bombardier, c’est une belle nouvelle pour le Canada», a-t-il poursuivi.

Si le ministre voit dans la commande de 5,6 milliards $ US de Delta Air Lines pour l’achat de 75 avions CS100 une occasion de sabler le champagne, il n’a cependant pas été en mesure de dire quand le fédéral allait répondre à la demande d’aide financière de 1 milliard $ US de Bombardier.

Il a plutôt renvoyé la balle à son collègue chargé du dossier, le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains.

«M. Bains est en discussion avec Bombardier, la discussion continue et c’est M. Bains, quand on aura une décision finale, qui vous en parlera», a soutenu M. Garneau.

Interpelé par Québec sur la lenteur des négociations, le ministre a rétorqué qu’il s’agissait de «l’argent des contribuables» du pays.

«Il faut que ces discussions arrivent à un cheminement final qui est satisfaisant pour les deux côtés», a insisté le ministre.

Le bureau du ministre Bains a pour sa part émis une courte déclaration, jeudi, dans laquelle il félicite Bombardier pour la commande d’avions.

«Nous poursuivons le dialogue avec Bombardier. Nous sommes résolus à continuer de travailler avec Bombardier et avec l’ensemble du secteur pour préserver le leadership mondial du Canada», a indiqué M. Bains.

Il a souligné le fait que la contribution dans l’économie canadienne du secteur aérospatial est «importante» et génère plus de 180 000 emplois et injecte plus de 29 milliards $ annuellement dans le PIB du Canada.

L’opposition mécontente

Les partis d’opposition à Ottawa ont tous salué l’annonce de Bombardier, mais ils ont critiqué le gouvernement Trudeau pour sa gestion du dossier.

Les conservateurs appellent les libéraux à faire preuve de plus de «transparence» quant à la nature des négociations avec Bombardier.

«Ce qui est malheureux, c’est qu’on nous avait promis une annonce au budget ou un peu avant. On a passé le budget et encore une fois le gouvernement de Justin Trudeau n’a pas encore annoncé ses intentions. On ne sent pas que le gouvernement a une volonté d’aider Bombardier», a pesté le député et porte-parole conservateur pour les questions de développement économique, Joël Godin.

Les conservateurs ne vont cependant pas jusqu’à dire qu’Ottawa devrait consentir à l’aide financière exigée par Bombardier.

«Le bar ouvert, à un moment donné, il faut être responsable. Il faut gérer nos deniers publics et c’est dans ce sens-là qu’il faut avoir tous les éléments et que M. Trudeau ouvre son jeu au niveau de son intention avec Bombardier de le soutenir ou de ne pas le soutenir», a poursuivi. M. Godin.

Le député du NPD, Alexandre Boulerice, a accusé le gouvernement Trudeau de «tergiverser».

«Une chose est sûre, c’est que la bonne nouvelle d’aujourd’hui, le gouvernement Trudeau ne peut pas en prendre le crédit d’aucune manière, a lancé M. Boulerice. Ils tergiversent, ils sont encore en train d’hésiter, ils n’ont mis de l’avant aucune stratégie pour le secteur aérospatial au pays, alors que c’est un secteur de pointe, mais qui est toujours en péril malgré la commande importante de ce matin», a ajouté le néo-démocrate.

Le député bloquiste Gabriel Ste-Marie a aussi accusé le gouvernement fédéral de se traîner les pieds.

«Ottawa branle dans le manche et met des conditions qui peuvent vraiment déstructurer l’entreprise, en demandant de ne pas garder les actions à vote multiples qui permettent de garder le contrôle que l’entreprise demeure au Québec et au Canada», a soutenu M. Ste-Marie.

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