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Différend avec l'éditeur Springer

L’Université de Montréal renonce à 2116 abonnements pour ses bibliothèques

Agence QMI

JOEL LEMAY/24H MONTREAL/AGENCE QMI

Un différend économique entre l’éditeur Springer et les bibliothèques de l’Université de Montréal force l’institution d’enseignement à mettre fin à 2116 abonnements à différents magazines périodiques.

Seuls 150 magazines de l’éditeur américain seront préservés. Ceux-ci sont abondamment consultés et représentent 42 % des ouvrages utilisés par la communauté universitaire.

C’est la facture sans cesse grandissante de l’éditeur qui a forcé l’Université à prendre cette décision.

«Nous tentons de répondre au mieux aux besoins de notre communauté en dépit des compressions budgétaires des dernières années, de l’avidité des éditeurs commerciaux et de la faiblesse du dollar canadien», a soutenu Stéphanie Gagnon, directrice des collections, dans une note de l’Université pour expliquer l’annulation à ces abonnements.

Springer est un géant de «l’édition savante» dont il contrôle plus de la moitié du marché en vertu d’une fusion avec l’éditeur Nature, en 2015. Selon les chiffres avancés par l’Université de Montréal, en 2015, le chiffre d’affaires annuel était évalué à 2,2 milliards $.

Les bibliothèques de l’Université de Montréal ne ferment toutefois pas la porte à un retour, si l’éditeur accepte de revoir sa tarification. Des 2266 titres que contient l’ensemble de Springer, environ 265 sont véritablement consultés selon les données d’utilisation de l’université. C’est ce qui fait conclure à l’institution que la stratégie des «éditeurs commerciaux consiste à multiplier les périodiques au sein des grands ensembles pour en justifier le coût exorbitant», a analysé le directeur général des bibliothèques, Richard Dumont.

L’impact de ces annulations sur l’enseignement et la recherche pourrait être important. Il a été précisé d'ailleurs que les titres qui ne seront plus disponibles en université pourront être obtenus par la voie sur service de prêt entre bibliothèques (PEB), déjà en place et qui permet de consulter des documents, à travers le monde, que les bibliothèques de l’Université de Montréal ne possèdent pas.