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Tragédie de Lac-Mégantic

Pas d'indemnité pour un ancien militaire malgré ses séquelles

Josée Cloutier | TVA Nouvelles

Un ancien militaire venu en aide aux pompiers de Lac-Mégantic s'est lui aussi vu refuser d'être indemnisé pour d'importantes séquelles corporelles à la suite de la tragédie.

En raison de son état de santé précaire, Frédéric Demers reconnaît qu'il n'a pu compléter dans les délais requis les documents lui permettant d'être dédommagé dans le cadre du recours collectif.

«Lorsque je me battais pour ma vie à l'hôpital, personne ne m'a appelé pour me dire que je devais remplir d'autres formulaires !», dit-il avec peine.

Frédéric Demers présente aujourd'hui d'importants problèmes pulmonaires. Il a été hospitalisé à plusieurs reprises et deux ans après la tragédie on lui a retiré un poumon. «La fumée toxique a tellement contaminé mes tissus pulmonaires que le pathologique qui l'a examiné était convaincu qu'il avait le poumon d'une personne de 80 ans entre les mains.»

Un refus

Au même titre que d'autres premiers répondants, Frédéric Demers a essuyé un refus dans sa démarche visant à être dédommagé. «Des volontaires comme moi ont essayé de sauver des vies, de sauver leur ville, et ils se retrouvent avec rien.»

Il évalue entre 3000 $ et 5000 $ les frais liés à son état. Ses médecins lui auraient même suggéré de se rapprocher de Sherbrooke pour y recevoir des soins spécialisés. «Je ne demande pas des millions. Ce que je souhaite c'est avoir une compensation pour pouvoir me procurer mes médicaments et m'acheter les équipements médicaux dont j'ai besoin».

L'homme de 29 ans pourra déposer un avis de rejet de contestation pour espérer être dédommagé. Le groupe-conseil Richter, chargé de la distribution et de la répartition des sommes du recours collectif, est entré en contact avec lui.

Il dit avoir reçu une offre pour une indemnisation se chiffrant autour de 29 000 $. M. Demers a décliné cette offre estimant qu'elle lui permettrait à peine de couvrir ses frais médicaux.

À la lumière des témoignages d'autres premiers répondants qui se butent à la lourdeur administrative du processus d'indemnisation, M. Demers se dit inquiet. «Est-ce que cela va créer un précédent ? Est-ce que les pompiers vont se questionner et hésiter avant d'entrer dans une maison en feu ?»

Il en appelle à une intervention du gouvernement et des avocats chargés de défendre les intérêts des citoyens dans le cadre du recours collectif.

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