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À Saint-Michel-des-Saints

145 millions $ projetés pour une mine de graphite

Argent

Une mine de graphite à ciel ouvert commandant des investissements près de 145 millions $ pourrait voir le jour d’ici moins de cinq ans à Saint-Michel-des-Saints, une municipalité située à quelque 130 km au nord de Montréal.

Les investissements devraient créer 100 emplois directs et 150 emplois indirects, a fait  valoir mercredi la société Entreprises minières du Nouveau Monde, qui a levé le voile sur les conclusions d’une étude économique préliminaire sur son projet d’exploitation du dépôt de graphite Matawinie.

Le marché du graphite est en pleine expansion, puisqu’il est utilisé en grande quantité dans la fabrication des batteries au Li-Ion. De grands manufacturiers mondiaux dont le fabricant de véhicules électriques Tesla, Panasonic, LG et Samsung investissent massivement dans la construction de méga-usines à batteries au Lithium-Ion en Chine et aux États-Unis, générant ainsi une demande estimée à 360 000 tonnes de graphite supplémentaires.

Selon l’étude menée par la firme d’ingénierie Norda-Stelo (anciennement Roche), les coûts d’exploitation de la mine s’élèveraient à près de 33 millions $ par année. Avec une durée de vie de la mine estimée à 25,7 ans, le projet Matawinie devrait générer des recettes dépassant les 2,4 milliards $.

L’étude a établi le prix de vente moyen du concentré de graphite à 1492 $ US la tonne pour une production annuelle de 49 921 tonnes de concentré de graphite.

«Cette étude vient confirmer à quel point le projet Matawinie est porteur sur le plan économique, tant sur le plan des retombées générées localement que sur celui des marchés ciblés qui sont en très forte expansion», a affirmé Éric Desaulniers, président et chef de la direction de Nouveau Monde.

Selon M. Desaulniers, la valeur du projet est telle qu’il permettra de réaliser des percées dans tous les marchés de niche possible à valeur ajoutée «sans avoir à concurrencer sur le marché de masse pour le graphite qui est présentement dominé par les Chinois».

Jusqu’à ce jour, Nouveau Monde a investi plus de 5 millions $ dans son programme d’exploration qui a couvert plus de 10 000 kilomètres carrés. Des investissements supplémentaires de 10 millions $ sont prévus pour réaliser des forages supplémentaires, l’étude environnementale et l’étude de faisabilité.

La direction prévoit que l’étude d’impact environnemental et social sera déposée au gouvernement vers la fin 2017 afin que l’évaluation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) s’entame en 2018. 

«Les clients qu’on vise sont des manufacturiers de batteries Lithium Ion, des compagnies comme Tesla ou Audi, qui visent un marché vert. Donc, c’est très important de développer ce projet là dans une optique de développement durable, avec des normes environnementales sévères», a dit Éric Desaulniers à Argent.

La construction de la mine débuterait en 2018-2019 avec un démarrage des opérations prévu avant 2021. Le promoteur évalue qu’elle pourra être en exploitation pendant environ 25 ans.

Dans un deuxième temps, Nouveau Monde envisage également de transformer les flocons de graphite en graphite sphérique revêtu pour être utilisé dans l’anode des batteries Li-Ion. Un tel produit à valeur ajoutée se vend plus cher.

Fondée en 2012, la société d’exploration Nouveau Monde compte parmi ses investisseurs le Fonds de Solidarité FTQ, Sodémex, Sidex et Desjardins.Plus de détails à venir...