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Lac-Mégantic trois ans après la tragédie

Les cloches retentissent en mémoire des 47 victimes

TVA Nouvelles

La douleur est toujours vive au sein de la population de Lac-Mégantic, trois ans après le funeste déraillement de train.

Un peu passé midi, les cloches de l’emblématique église Sainte-Agnès ont retenti 47 fois en mémoire des victimes emportées par la tragédie. Amis, famille, politiciens étaient réunis silencieux et solennels sur le parvis pour se recueillir durant ce précieux moment.

«Toute la ville se met au diapason des cloches qui sonnent. On n’entend plus rien. Toute la population se recueille, c’est un symbole de solidarité extraordinaire», a dit à TVA Nouvelles, Gilles Baril, le curé de la paroisse.

Plusieurs événements étaient prévus tout au long de la journée à Lac-Mégantic afin de souligner ce triste jour malgré tout avec optimiste.

Reconstruction du centre-ville

La reconstruction du centre-ville est laborieuse puisque le sol a été contaminé par le massif déversement de pétrole. Les retards sont nombreux.

La construction des infrastructures souterraines ne fait que commencer ralentissant du coup la construction des nouvelles bâtisses qui doit attendre l’automne.

Des 49 édifices demeurés debout après la dévastation, seuls deux ont été conservés par peur de la contamination.

La bonne nouvelle, c'est que depuis l'été dernier, les commerçants, déménagés dans l'axe commercial de la rue Papineau, ont remarqué une hausse de l'achalandage.

Les touristes ont contribué significativement à cette reprise de l'activité économique.

Avec des projets de construction d'un hôtel et centre d'affaires, d'une capitainerie à la marina, d'un spa santé face au lac, de parcs et d'une piste cyclable ainsi que d'un quartier résidentiel d'une dizaine de maisons, le futur centre-ville veut se redéfinir.

Lac-Mégantic veut se donner un nouveau souffle et devenir un attrait pour les touristes. Mais il faudra du temps, et encore beaucoup de patience pour y parvenir.

Si les nouvelles rues du centre-ville doivent être accessibles quelque part à l'automne, il faudra encore trois à quatre ans, avant que les espaces vides ne soient remplis par de nouvelles constructions.

6 millions de litres de pétrole

Il y a précisément trois ans, le centre-ville de la petite municipalité de l'Estrie, était en flammes à la suite du déraillement d’un train de la MMA transportant des millions de litres de pétrole.

Vers 1h15 dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013, plusieurs wagons-citernes ont déraillé et se sont empilés avant d’être éventrés et de laisser se déverser environ 6 millions de litres de pétrole brut qui ont presque instantanément pris feu.

S’en est suivi un brasier monstre qui a brulé pendant des heures et qui a détruit une grande partie du centre-ville de la municipalité. Au total, 47 personnes sont mortes alors qu’environ 2000 autres ont été évacuées.

Des changements?

Encore aujourd'hui, les matières dangereuses circulent sur les rails jour et nuit, à l'endroit même où est survenue la tragédie.

Le maire Jean-Guy Cloutier promet de se battre pour obtenir une voie de contournement.

Une récente étude démontrait qu'encore aujourd'hui, 60% de la population est toujours très affectée psychologiquement par cette tragédie.

La zone touchée est toujours entourée de clôtures et fermée à la circulation.

- avec la collaboration de Jean-François Desbiens

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