/news/politics

Selon la Société pour la nature et les parcs du Canada

Parcs Canada s’éloignerait de sa mission première

Guillaume St-Pierre | Agence QMI

Agence QMI

L’agence fédérale responsable de la protection des parcs nationaux doit cesser de se rendre complice de la destruction de la nature qu’elle est censée protéger, affirme un important groupe de conservation canadien.

Dans son plus récent rapport annuel, publié lundi, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNPA) demande à Parcs Canada de se recentrer sur sa mission première: «protéger la nature dans nos parcs».

L’organisme note que depuis une décennie, l’agence fédérale s’est éloignée de sa vocation pour se concentrer sur des initiatives touristiques et commerciales.

«On a remarqué depuis plusieurs années une tendance chez Parcs Canada de mettre l’accent presque entièrement sur le tourisme et le développement des parcs au lieu de la conservation de la nature», soutient le directeur général de la SNPA, Éric Hébert-Daly.

Le changement de culture au sein de Parcs Canada a des effets bien réels sur son organisation, note la SNPA.

À la suite des compressions budgétaires effectuées sous les conservateurs de Stephen Harper en 2012, l’agence fédérale a mis la hache dans son personnel responsable de la conservation, qui a diminué de 31%. Pendant ce temps, les effectifs affectés à «l’expérience du visiteur» ont augmenté de 9%.

Le virage commercial entrepris par Parcs Canada a notamment permis à d’importants projets de développement d’obtenir le feu vert dans les parcs nationaux de Banff et de Jasper, dans les Rocheuses.

Dans son rapport, la SNPA demande l’intervention du gouvernement Trudeau afin d’y mettre un frein. Or, le fédéral a prévu, dans son dernier budget, l’octroi de 66 millions$ pour la réalisation d’une piste cyclable pavée dans le parc national de Jasper, et cela, sans débat public ni examen environnemental, selon la SNPA.

L’organisme demande d’ailleurs à Parcs Canada de rétablir la confiance des Canadiens envers le processus de consultation public visant les projets de développement à l’intérieur des parcs.

«L’avis des Canadiens est toujours ignoré. Le projet semble toujours aller de l’avant, même si la population est contre à 90%», peste M. Hébert-Daly.

Au Québec, l’agence fédérale est notamment responsable des parcs nationaux de la Mauricie, de Forillon et de la Réserve de l’Archipel-de-Mingan.

La ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, a tenu à souligner que Parcs Canada doit avoir comme principale priorité de protéger l’intégrité des lieux qui sont sous sa gouverne.

«Mais en même temps, nous devons permettre à plus de Canadiens de profiter du plein air et d’en apprendre davantage sur notre patrimoine naturel», a-t-elle nuancé.