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Parti libéral

Décès du député fédéral Mauril Bélanger

Agence QMI

Atteint de la maladie de la sclérose latérale amyotrophique (maladie de Lou Gehrig), le député fédéral d’Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger, a finalement perdu son combat, a annoncé mardi soir le premier ministre Justin Trudeau.

«J’ai été terriblement attristé d’apprendre aujourd’hui la mort de mon ami et collègue, Mauril Bélanger. Au nom de tous les Canadiens, Sophie et moi offrons nos plus sincères condoléances à sa famille, ses amis, ses électeurs et ses très nombreux admirateurs», a dit M. Trudeau dans une déclaration.

«Mauril a été au service des gens d’Ottawa-Vanier pendant plus de 20 ans et a défendu inlassablement les droits des francophones, l’unité nationale, en plus de promouvoir une société équitable et juste pour tous», a ajouté le premier ministre.

Un politicien discret et efficace

Mauril Bélanger, n’avait peut-être pas la fougue de son illustre prédécesseur Jean-Robert Gauthier pour défendre les droits linguistiques des Franco-Ontariens, mais il était à sa façon un ardent défenseur de ses compatriotes et de la francophonie canadienne.

Né le 15 juin 1955 à Mattawa, en Ontario, il a fait ses études à l’Université d’Ottawa et a présidé pendant deux ans l’association étudiante, où il a fait ses premières armes en politique.

Après avoir occupé plusieurs postes dans le secteur public, il avait été élu en 1995 lors d’une élection partielle pour remplacer le député libéral Jean-Robert Gauthier, qui avait été nommé au Sénat par le premier ministre Jean Chrétien.

Courtois, misant davantage sur la discrétion et l’efficacité du travail en coulisse que sur les déclarations chocs, Mauril Bélanger pouvait aussi se lever pour défendre des principes.

Ainsi lors d’une assemblée publique houleuse durant laquelle il avait été copieusement injurié par un groupe d’anglophones furieux et hostiles en 1998, il avait calmement défendu au micro l’embauche du péquiste David Levine à titre de directeur général de l’hôpital d’Ottawa.

À ses yeux, la compétence pour occuper un tel poste devait primer sur toute autre considération et il n’y avait aucune raison de remettre en question la décision du conseil d’administration.

Il rêvait de devenir président de la Chambre des communes et il avait posé sa candidature après l’élection du gouvernement Trudeau. Il avait été obligé de la retirer en novembre quelques jours avant le vote, alors que les observateurs lui prédisaient une victoire.

Il avait alors annoncé qui était atteint, à l’âge de 60 ans, de la maladie de la sclérose latérale amyotrophique (maladie de Lou Gehrig), une maladie dégénérative et incurable. Il avait perdu la parole et quelques mois plus tard, il se déplaçait difficilement en s’appuyant sur une marchette.

Il avait toutefois réalisé son rêve et occupé pendant une journée, en mars 2016, le poste de président honoraire de la Chambre des communes, non sans émotion. Il avait depuis perdu la parole et c’est en s’appuyant sur une marchette qu’il s’était dirigé lentement vers le fauteuil réservé au président pour y prendre place.

Puisqu’il avait perdu l’usage de la parole, il avait dirigé pendant une vingtaine de minutes les travaux de la Chambre grâce à une tablette électronique munie d’un logiciel qui transformait ses écrits en paroles.

Sa dernière cause a été de promouvoir une modification à la version anglaise de l’hymne national du Canada, pour la rendre non discriminatoire envers les femmes.

Le projet de loi privé qu’il avait déposé vise à changer le passage «in all thy sons command» (Commande chez tous tes fils un fidèle amour patriotique) à «in all of us command» (Commande chez nous tous un fidèle amour patriotique) dans l’«Ô Canada».

Il avait aussi publiquement souhaité que la Ville d’Ottawa devienne officiellement bilingue en 2017, pour le 150eanniversaire de la Confédération.

Des réactions :

Thomas Mulcair, chef du NPD

«Vraiment triste d'apprendre que Mauril Bélanger nous ait quitté. Un homme de caractère. Nos sincères condoléances à ses proches.»

Alexandre Boulerice, député néo-démocrate de Rosemont–La Petite-Patrie

«Très triste d'apprendre le décès de Mauril Bélanger. Un député respecté et accueillant pour les nouveaux.»

Rona Ambrose, chef intérimaire du Parti conservateur

«Mauril était un ami et un excellent parlementaire. Il me manquera. C’était un homme bon.»

Alain Rayes, député conservateur de Richmond-Arthabaska

«Toutes mes sympathies à la famille et amis du député Mauril Bélanger»

Tony Clement, député conservateur de Parry Sound-Muskoka

«Triste d’apprendre le décès du député Mauril Bélanger. Un homme bon.»

Pierre Paul Hus, député conservateur de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles

«Toutes mes sympathies à la famille de Mauril Bélanger. Ce fût un grand parlementaire canadien.»

Marc Garneau, ministre des Transports et député libéral de Notre-Dame-de-Grâce--Westmount

«Bonsoir cher ami Mauril Bélanger. Je célèbre ta vie et ta grande contribution à notre pays et à la Francophonie.»

Marilène Gill, députée bloquiste de Manicouagan

«Triste d'apprendre le décès de @Mauril_Belanger. Mes condoléances à sa famille et ses amis.»

Steven MacKinnon, député libéral de Gatineau

«Profonde tristesse. Mes pensées sont avec sa famille et ses amis. Il nous a inspiré. Reposes en paix, Mauril.»

Jim Watson, maire d’Ottawa

«Je suis profondément attristé d'apprendre du décès de Mauril Bélanger. Condoléances à sa famille, amis et ceux dont il a enrichi la vie.»

Denis Coderre, maire de Montréal et ancien député libéral

«J'apprends le décès de mon ancien collègue et ami Mauril Belanger député d'Ottawa-Vanier. Lourde perte au Parlement Adieu mon ami. :(»

Bruce A. Heyman, ambassadeur des États-Unis au Canada

«Triste de perdre un ami»