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Deuil périnatal

Une photo pour aider à guérir

Josée Cloutier | TVA Nouvelles

La Fondation Portraits d'Étincelles vient de terminer une première année d'existence au-delà de ses espérances. Le service de photographie de deuil périnatal est désormais offert dans tous les hôpitaux du Québec.

Des photographes bénévoles se déplacent gratuitement en milieu hospitalier à la demande des parents ou du personnel médical. Dans la dernière année, 72 bébés décédés ont été photographiés.

«Les gens peuvent nous joindre en tout temps en composant le 1-877-346-9940. Je réponds aux appels et je m'occupe de trouver les photographes bénévoles», explique Martine Gendron, cofondatrice de la Fondation.

Il est aussi possible de retoucher des photographies qui auraient été prises par les parents eux-mêmes ou le personnel infirmier, pas moins de 100 mandats de retouches ont été réalisés en un an.

À ses débuts, environ une dizaine de bénévoles s'impliquait. Aujourd'hui, plus de 115 photographes professionnels ou amateurs des quatre coins du Québec ont été formés.

Les cofondatrices sont convaincues de l'importance de laisser aux parents un souvenir d'un petit être cher, parti trop vite.

«Je trouve qu'on offre une dignité à ces bébés. Si vous saviez comment on les aime», nous raconte, les larmes aux yeux, Manon Allard, une des cofondatrices de Portraits D'Étincelles.

Amélie Désilets a su la veille de son accouchement que son bébé était décédé. Un noeud s'était formé dans le cordon ombilical.

«Mon premier réflexe a été de me dire, mais pourquoi prendre des photos. Mais, aujourd'hui, je peux me rappeler de son visage et à quel point il ressemblait à sa soeur». Julie Allard, qui a pris les photos, se souvient qu'elle avait peine à contenir ses émotions lorsqu'elle a été appelée à se rendre au Centre Hospitalier de Victoriaville pour le petit Xavier, né à 39 semaines.

«Lorsque j'ai su que c'était un bébé à terme, j'ai éclaté en sanglots. Je ne me connaissais pas cette sensibilité-là, mais je me suis dit que je devais aller prendre ces photos et leur laisser le plus beau souvenir qui soit de leur bébé».

«Je n'échangerais pour rien au monde les deux heures passées auprès de mon bébé et les photos sont là pour me le rappeler», lui a retourné Amélie.

Fières de ce qu'elles ont accompli jusqu'ici, les cofondatrices de la Fondation chercheront à recruter d'autres photographes pour ne pas rater une seule occasion d'offrir le service aux parents.

«Je ne vois pas la mort dans ces photos. Je vois la vie, l'amour», a conclu Manon Allard.