/finance/homepage

Baisse de plus de 25%

L’action de Bombardier chute, quoi penser?

Agence QMI

Après avoir repris du tonus à la fin du mois d’août, l’action de Bombardier a dégringolé de plus de 25 %. Que faut-il en penser?

Le titre de Bombardier a grimpé jusqu’à 2,15 $ le 31 août dernier, après avoir remonté graduellement au cours des derniers mois suivant l’annonce de la commande ferme de 75 appareils CSeries par le transporteur américain Delta pour environ 5,6 milliards $ US et de 45 appareils CS 300 par Air Canada, estimée à 3,8 milliards $ US.

Mais voilà qu’au début du mois, Bombardier annonçait qu’elle livrera deux fois moins d’appareils que prévu en raison d’un retard de production de moteurs Pratt & Whitney devant équiper les avions.

Ces dernières semaines, l’action de Bombardier a entrepris un mouvement baissier et vendredi après-midi, elle perdait encore quatre cents à 1,59$, un niveau intraséance qu’elle n’avait pas atteint depuis la fin d’avril.

Pour l’analyste Michel Nadeau, certains investisseurs se découragent que Bombardier n’annonce pas de nouvelles ventes et largue le titre.

«Bombardier ne va pas mal. Le contrat de Delta demeure déterminant, mais les gens auraient aimé avoir d’autres bonnes nouvelles, ce qui n’est pas le cas».

Le retard du gouvernement fédéral à investir dans l’avionneur montréalais ne fait rien non plus pour aider. Bombardier réclame depuis des mois qu’Ottawa investisse 1 milliard $ pour l’appuyer dans le programme de la CSeries, tout comme l’a fait le gouvernement provincial.

«Souvent, le gouvernement fédéral a un sentiment de grande urgence pour aider l’industrie automobile de l’Ontario, la production d’énergie à Terre-Neuve ou le pétrole de l’Ouest. Bombardier est une entreprise championne de haute technologie, comme on en retrouve peu au Canada, et on se traîne la patte. C’est un peu décevant.»

Ceci dit, M. Nadeau ne croit pas que Bombardier doit se presser pour accroître le carnet de commandes à des prix bas, alors que le fournisseur de moteurs Pratt & Whitney ne parvient pas à livrer des moteurs au rythme souhaité.

L’analyste croit aussi que les transporteurs doivent attendre de connaître les résultats de la performance opérationnelle des premiers appareils CSeries livrés au transporteur Swiss avant de passer des commandes.

Vendredi, la firme de notation de crédit Standard and Poor’s a annoncé qu’elle abaissait la cote de Bombardier en raison notamment de la faiblesse du marché pour ses modèles d’avions d’affaires et commerciaux. S&P fait ainsi passer la cote de crédit à long terme de Bombardier de B à B moins.

«Le déclassement reflète principalement notre appréciation de la sensibilité accrue de la compagnie face à la faiblesse prolongée de ses débouchés et des retards futurs de son programme de la CSeries», a expliqué l'analyste Aniki Saha-Yannopoulos chez S&P Global Ratings.

Standard and Poor’s a aussi annoncé vendredi qu’elle faisait passer de négative à stable la perspective sur Bombardier, considérant que les liquidités actuelles de la compagnie sont suffisantes pour faire face à ses engagements financiers tout au long de 2017.

Dans la même catégorie