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Santé

La mauvaise alimentation, pire que l’alcool et les drogues

Marie-Ève Dumont | Agence QMI

Une mauvaise alimentation pose plus de risques pour la santé que l’alcool, le tabac, les drogues et les relations sexuelles non protégées réunis, conclut une étude.

«Il faut absolument porter une plus grande attention à l’alimentation, puisque six des 11 facteurs de risques de maladies sont liés à ce qu’on mange. Il faut s’intéresser à la mauvaise alimentation, plutôt que seulement aux symptômes», a affirmé Patrick Webb, du Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition, un comité d’experts qui s’est penché sur les systèmes alimentaires.

Leur rapport publié récemment fait état de la situation partout dans le monde. Cette malnutrition inclut donc autant la sous-alimentation que l’obésité et le surpoids.

Les chercheurs calculent que les maladies liées à l’alimentation font perdre plus d’années de vie et d’années en bonne santé que celles causées par le tabagisme, l’alcool, les drogues et les rapports sexuels non protégés.

Le Canada n’échappe pas aux conclusions de l’étude, puisque ce sont les risques alimentaires qui figurent ici aussi au premier rang des facteurs expliquant les maladies.

Selon aux auteurs de l’étude, le problème ne réside pas tant dans la quantité de nourriture consommée, mais bien dans la qualité des aliments.

«Ce sont les aliments sains, pauvres en sel et en sucre, qui devraient être les piliers des politiques alimentaires et amener les entreprises à faire des changements», a indiqué le nutritionniste québécois Hubert Cormier.

Dommages sous-estimés ?

Le Global Panel souhaiterait que les gouvernements s’attaquent à ce problème comme ils l’ont fait pour d’autres maladies, comme le VIH ou le tabagisme.

Au Québec, l’obésité coûte 3 milliards $ par année au système de santé, a soutenu la Coalition poids. Un mal qui a peut-être été sous-estimé.

«On s’est concentré sur le tabagisme et on a perdu de vue les efforts au niveau de l’alimentation», a insisté Corinne Voyer, directrice de l’organisation.

«L’obésité et le diabète, ce sont des épidémies silencieuses, il faut avoir une approche globale. On peut favoriser les fruits et légumes, mais on ne peut pas interdire les brownies», a souligné Chantal Blouin, de l’Institut national de santé publique du Québec.

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