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À 6,7%

Chine: la croissance reste stable au 3e trimestre

Agence France-Presse

Une rue de Zhengzhou, où s'élèvent des condos.

AFP

Une rue de Zhengzhou, où s'élèvent des condos.

La croissance économique de la Chine est restée stable au troisième trimestre, selon le chiffre officiel publié mercredi, un répit cependant précaire favorisé par l'embardée du marché immobilier et l'envolée de l'endettement.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie mondiale s'est établie à 6,7% sur un an pour la période de juillet à septembre, exactement au même niveau qu'aux 1er et 2e trimestres, a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS), un organisme gouvernemental.

Ce chiffre officiel, à la fiabilité souvent contestée, s'avère meilleur que la prévision médiane d'un panel de 19 analystes interrogés par l'AFP, qui tablaient sur un essoufflement à +6,6%.

«L'économie nationale a progressé de façon robuste, la qualité (de la croissance) s'est améliorée et la performance générale a été meilleure qu'escompté», s'est félicité le BNS dans un communiqué.

Tout en affichant aussitôt une note de prudence: «Il faut être conscient que le développement économique (de la Chine) est toujours engagé dans une période délicate de transformation et de rééquilibrage».

«Les anciens moteurs de croissance vont être remplacés par de nouveaux. Nombre de facteurs étant marqués par l'instabilité et l'incertitude, les fondations d'une croissance économique continue ne sont pas suffisamment solides», a observé l'organisme gouvernemental.

De fait, le géant asiatique s'efforce de rééquilibrer son modèle économique - en réduisant les colossales surcapacités qui plombent l'industrie, en éliminant les sociétés publiques «zombies» fortement endettées et en dopant la consommation intérieure et le secteur des services.

Mais la transition s'avère douloureuse: la croissance chinoise est tombée à son plus bas niveau depuis un quart de siècle en 2015 (+6,9%) et pourrait descendre à 6,6% en 2016, selon le panel sondé par l'AFP. Pékin vise, lui, une croissance comprise entre 6,5% et 7%.

Or, la salve d'indicateurs mensuels diffusés simultanément par le gouvernement mercredi dressait un tableau très mitigé.

La production industrielle a progressé en septembre de 6,1% sur un an, marquant un essoufflement beaucoup plus sensible qu'attendu par les experts sondés par Bloomberg (+6,4%).

Ce refroidissement intervient en dépit du récent sursaut de l'activité manufacturière, dopée par l'envolée des investissements immobiliers et la persistance d'un crédit bon marché.

De leur côté, les ventes de détail, baromètre de la consommation des ménages, ont grimpé de 10,7% en septembre, selon le BNS, accélérant légèrement par rapport à août, conformément aux attentes du marché, avec également l'appui d'une envolée des prêts bancaires.

Or la relance par l'endettement pourrait dérailler, s'inquiètent des experts, la dette publique et privée chinoise avoisinant désormais 250% du PIB et alimentant le spectre d'une crise financière.