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Syrie

Poutine prêt à prolonger la trêve à Alep «autant que possible»

Agence France-Presse

Le président russe s'est dit prêt à prolonger «autant que possible» la trêve qui doit démarrer jeudi à Alep, après des entretiens musclés à Berlin avec les dirigeants français et allemand, qui n'ont pas exclu des sanctions suite aux bombardements ayant ravagé la ville.

«Nous avons fait part de notre intention de prolonger autant que possible, en fonction de la situation réelle sur le terrain, l'arrêt de nos frappes aériennes», a déclaré dans la nuit Vladimir Poutine, à l'issue des pourparlers dans la capitale allemande.

Il s'exprimait alors que les habitants des quartiers rebelles d'Alep se préparent à vivre jeudi une courte trêve «humanitaire», préparée par une pause de 24 heures des raids aériens.

Selon l'armée russe, cette «pause humanitaire» devant permettre l'évacuation de civils et de combattants désirant quitter les quartiers rebelles, dans l'est d'Alep, doit entrer en vigueur à 05H00 GMT et durera en l'état onze heures, soit trois de plus que programmé initialement.

L'armée syrienne a toutefois indiqué mercredi soir que cette trêve durerait trois jours, les 20, 21 et 22 octobre, et s'étendrait de 8h à 16h, selon l'agence officielle Sana.

À Berlin, M. Poutine est resté prudent, se gardant de donner une indication de durée pour la possible extension.

«Pour nous, aussi longtemps qu'il est possible», a exhorté pour sa part le chef de l'État français François Hollande après l'entrevue, en jugeant qu'une pause de seulement quelques heures «n'aurait pas de sens».

En l'état, la trêve est «suffisante» pour évacuer seulement 200 blessés, a ainsi estimé l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

«Nous sortons de cet entretien avec l'impression qu'il peut y avoir une prolongation de la trêve, mais c'est au régime syrien et à la Russie d'en faire la preuve», a ajouté M. Hollande.

Ces discussions, qui se sont tenues après un sommet sur l'Ukraine à Berlin, ont été plus que franches. Le président français est allé jusqu'à qualifier de «crimes de guerre» les frappes russo-syriennes sur les quartiers de l'est d'Alep et à parler d'une «ville martyre», tandis que la chancelière allemande Angela Merkel en dénonçait le caractère «inhumain».

Elle a parlé d'une conversation «claire et dure» avec M. Poutine. Le chef de l'État français a évoqué, lui, des échanges «directs». «Nous nous sommes dit des choses», a-t-il souligné.

Tous deux n'ont pas exclu des sanctions à l'égard de la Russie suite aux bombardements contre les civils dans la deuxième ville syrienne.

«On ne peut pas se priver de cette option», a dit Mme Merkel, à la veille d'un sommet de l'Union européenne qui va largement aborder la question des relations avec la Russie. Les pays européens sont toutefois très divisés sur la question.

Alep est le principal front du conflit qui déchire la Syrie depuis 2011 et a fait plus de 300 000 morts. Sa partie orientale est soumise à un déluge de feu meurtrier depuis une offensive lancée par Damas le 22 septembre pour reprendre ce secteur qui échappe à son contrôle depuis 2012 et où vivent quelque 250 000 personnes.

Amnestie Internationale a dévoilé de nouvelles images satellites montrant que 110 sites de la métropole ont été touchés en deux semaines d'intenses bombardements, qui «font partie d'une stratégie militaire délibérée pour vider la ville de ses habitants».

Moscou avait annoncé mardi l'arrêt de ses raids aériens et de ceux de l'armée syrienne.

«Il n'y a pas eu de raids aériens depuis mardi matin», a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Mais il y a toujours des combats sur plusieurs fronts aux abords des quartiers rebelles, notamment dans la vieille ville», avec des tirs d'artillerie du régime et des roquettes lancées par les rebelles, a-t-il précisé.

Un journaliste de l'AFP à Alep-Est a confirmé dans l'après-midi la suspension des raids, précisant toutefois que de violents affrontements se poursuivaient.

Jeudi matin, huit couloirs humanitaires, dont six pour l'évacuation de civils, de malades et de blessés, et deux pour le retrait de rebelles armés, mais qui peuvent également être utilisés pour les civils, seront ouverts et surveillés par des drones, selon l'armée russe.

Des employés de la mission de l'ONU et des volontaires du Croissant-Rouge syrien vont aider à l'évacuation des civils et les accompagner durant tout le trajet après le départ d'Alep, a précisé le général Sergueï Roudskoï, de l'état-major russe.

Damas et Moscou affirment bombarder les quartiers rebelles pour éliminer les «terroristes», principalement les jihadistes du Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

Près de Damas, quelque 620 rebelles et leurs familles ont commencé à évacuer la localité assiégée de Mouadamiyat al-Cham en vertu d'un accord passé avec le gouvernement, a indiqué à l'AFP un responsable local.

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