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Syrie

Hollande et Merkel n'excluent pas des sanctions contre la Russie

Agence France-Presse

Le président français et la chancelière allemande n'ont pas exclu dans la nuit de mercredi à jeudi des sanctions à l'égard de la Russie en raison des bombardements contre les civils sur la ville d'Alep en Syrie, à l'issue d'entretiens avec Vladimir Poutine.

«Tout ce qui peut être de l'ordre de la menace peut être utile», a déclaré à la presse à ce sujet François Hollande, tandis qu'Angela Merkel a jugé à ses côtés «qu'on ne peut pas se priver de cette option» à la veille d'un sommet de l'Union européenne qui va largement aborder la question des relations avec la Russie.

Les deux dirigeants sortaient d'une longue rencontre avec le président russe à Berlin consacrée à l'Ukraine et à la Syrie, les deux grands conflits sur lesquels Russes et Occidentaux s'opposent.

Le président français est allé jusqu'à qualifier de «crimes de guerre» les frappes russo-syriennes sur les quartiers de l'est d'Alep, tandis que Mme Merkel en dénonçait le caractère «inhumain». Elle a parlé d'une conversation «claire et dure» avec M. Poutine.

«Ce qui se passe à Alep est un crime de guerre, la première des exigences c'est la cessation des bombardements par le régime et ses soutiens» russes, a dit M. Hollande.

Mme Merkel a aussi insisté sur le «droit international» qui «définit très clairement les crimes de guerre», tout en soulignant que l'urgence était un cessez-le-feu pour pouvoir apporter une aide humanitaire d'urgence aux populations d'Alep.

Sur le sujet de possibles sanctions contre Moscou, le chef de l'État français a souligné que «des options seront forcément ouvertes par rapport à des individus, des responsables qui se livrent à ce type d'agissements et de crimes».

De son côté Vladimir Poutine a indiqué lors d'un point de presse séparé être prêt à prolonger la «pause humanitaire» dans les bombardements sur Alep «autant que possible». La trêve russe était prévue pour durer onze heures. Mais l'armée syrienne a, elle, annoncé une trêve de huit heures par jour pendant trois jours, les 20, 21 et 22 octobre.

«Nous avons fait part de notre intention de prolonger autant que possible, en fonction de la situation réelle sur le terrain, l'arrêt de nos frappes aériennes», a déclaré le président russe.

«Nous sommes prêts à le faire jusqu'à ce que nous constations une intensification des activités des groupes armés à Alep», a-t-il poursuivi, alors que la «pause humanitaire» doit permettre l'évacuation des civils et le retrait des rebelles des quartiers de l'est d'Alep ravagés par les bombardements des aviations russe et syrienne.

Vladimir Poutine a également dit compter sur les États-Unis pour qu'ils fassent «tout ce qu'ils ont promis pour que la soi-disant opposition modérée se sépare des terroristes» du Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra, branche syrienne d'al-Qaïda), assurant que cela permettrait «que nous continuions plus loin notre travail commun».

Mme Merkel et M. Hollande se sont montrés prudemment optimistes sur les promesses russes.

«Nous sortons de cet entretien avec l'impression qu'il peut y avoir une prolongation de la trêve, mais c'est au régime syrien et à la Russie d'en faire la preuve», a dit le dirigeant français à la presse.

«Ce que j'ai compris c'est qu'il (Poutine) était disposé à aller au-delà des 8 heures qui avaient été annoncées», a-t-il ajouté.

«Combien de temps ensuite? Pour nous, aussi longtemps qu'il est possible d'assurer cette trêve, mais c'est à lui d'en faire la démonstration avec le régime» syrien, a souligné M. Hollande.

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