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Décès de Marie-Pier Gagné à Québec

Le conducteur épileptique avait-il avisé la SAAQ?

TVA Nouvelles

Le conducteur qui a happé mortellement Marie-Pier Gagné, cette femme enceinte de 40 semaines, cet été, sur le Boulevard Laurier, à Québec, souffrait d’épilepsie.

Le jeune homme dans la jeune vingtaine avait déjà été impliqué dans trois autres accidents en raison de sa condition médicale, selon le quotidien «Le Soleil».

Que doit faire un conducteur avec un tel diagnostic?

«Tout conducteur a la responsabilité légale selon le Code de la sécurité routière d’informer la SAAQ aussitôt qu’il y a un changement dans son état de santé», a indiqué le Dr Jamie Dow, conseiller médical à la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ).

«Vous avez un devoir de citoyen, comme conducteur, pour exercer le privilège de conduire, de nous informer que vous faites de l’épilepsie», a dit le Dr Dow, en entrevue avec Mario Dumont.

Nos informations ne nous permettent pas de savoir si le jeune conducteur avait avisé, ou non, la SAAQ sur son état de santé.

Quelle est la responsabilité du médecin?

La SAAQ peut être avisée directement par un médecin, mais elle travaille principalement avec le client, donc le conducteur.

«Le médecin peut nous envoyer des informations directement, il peut même faire un signalement d’inaptitude à la conduite directement à SAAQ, ou il peut passer par son patient», a précisé le Dr Jamie Dow.

S’il croit que son patient risque de ne pas suivre ses conseils, comme celui de ne pas conduire, un médecin peut signaler son patient à la SAAQ. «Seule la SAAQ peut suspendre un permis, le médecin peut juste conseiller», a soutenu le Dr Dow.

Le matin de l’accident, le jeune conducteur qui a fauché Marie-Pier Gagné avait été conseillé par son médecin d’éviter de conduire en raison de son épilepsie.

«Quand quelqu’un vous dit de ne pas conduire, il n’y a pas de chance à prendre», a souligné France Picard, présidente directrice générale de l’Association québécoise de l’épilepsie.

Pas de crise pendant 6 mois

Une personne épileptique ne doit pas avoir eu de crise pendant une période de six mois pour avoir le droit de conduire un véhicule.

«C’est donc dire que quelqu’un qui fait une crise d’épilepsie aux trois mois, pourrait ne jamais avoir de permis de conduire légalement», selon le Dr Dow, conseiller à la SAAQ.

Environ 20% des personnes épileptiques n’arrivent pas à être contrôlées parfaitement par leur médication et pourraient représenter un risque pour elles-mêmes et pour les autres au volant d’un véhicule.

«Quand vous faites une crise au volant, vous ne savez pas ce qui peut vous arriver», a ajouté la PDG de l’Association québécoise de l’épilepsie.

Le conducteur ne fait face à aucune accusation criminelle. Le jeune homme n’a été interrogé par les enquêteurs que jeudi dernier, à la suite de cet accident survenu au début du mois d’août à Québec.

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