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Allergies chez les enfants

Quand les gestes les plus simples deviennent un casse-tête

Emilie Vallée | TVA Nouvelles

Même si Santé Canada considère qu’environ 6 % des jeunes enfants canadiens ont des allergies alimentaires, il existe encore beaucoup de préjugés entourant les allergies et d’inconvénients pour les principaux intéressés.

C’est le cas d’Élisa, qui a 10 ans. Elle est allergique aux noix et aux arachides, mais quand elle était petite la liste était beaucoup plus longue: oeufs, fruits de mer, kiwis et graines de moutarde ont dû être bannis de la maison. C'est la vie de toute la famille qui a été bouleversée du jour au lendemain.

«Au début tu t'isoles parce que les gens ne comprennent pas à quel point c'est compliqué à gérer», explique la mère d'Élisa, Caroline Chauveau.

Les gestes les plus simples deviennent de véritables casse-tête.

«Faire l'épicerie ça peut prendre deux, trois heures au début parce que tu dois lire toutes les étiquettes.»

À l'école, ce n'était pas plus facile. «On a eu le cas du bricolage à l'huile d'amandes et puis celui des colliers en coques de noix. L'école ne comprenait pas pourquoi Élisa ne voulait pas les faire», raconte sa mère.

«Ils m'ont dit va jouer avec les maternelles et on va s'arranger avec ton bricolage», explique la fillette qui s'est sentie mise de côté.

Avoir un enfant qui a des allergies alimentaires graves ça veut aussi dire dans certains cas devoir fabriquer ses propres condiments comme ici le ketchup maison.

«On fait notre ketchup, notre relish et notre sauce chili», ajoute Caroline.

Autre cas

Cassandre, elle, n'a que 4 ans. Elle est allergique aux noix, aux arachides et aux oeufs. À l'âge de deux ans, elle a même frôlé la mort.

«On a eu un appel du service de garde parce qu'elle était en détresse respiratoire, elle devenait bleue», affirme Karine Marchand, la mère de Cassandre.

Le plus grand défi pour sa mère: combattre les préjugés.

«On passe pour des mères hystériques parce qu'on demande aux gens de laver leurs mains. Ça fait mal au coeur de maman quand ta fille est pas invitée à une fête d'amis», poursuit la mère.

La clé, c'est la responsabilisation de l'enfant. Cassandre ne sait pas encore lire, mais elle sait quoi faire en cas de crise. «Si je mange des allergies, je dois me faire une piqûre d'Épipen», lance la petite fille.