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Catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic

Québec réactive une poursuite de 409 M$ contre le Canadien Pacifique

Agence France-Presse, Argent

Agence QMI

Le Québec a réactivé en septembre une poursuite contre le transporteur ferroviaire Canadien Pacifique (CP) pour sa responsabilité présumée dans la catastrophe de Lac-Mégantic, où 47 personnes avaient été tuées par le déraillement et l'explosion d'un convoi de wagons-citernes à l'été 2013, a-t-on appris vendredi.

Le gouvernement du Québec accuse ce géant nord-américain du transport d'être responsable du pétrole brut qu'acheminait le convoi de 72 wagons-citernes qui a déraillé et explosé au coeur de la ville. Plus de 2000 personnes avait dû être évacuées du centre-ville, anéanti par le brasier.

Opéré par la société ferroviaire Montreal, Maine & Atlantic (MMA), qui a fait faillite depuis, le train avait été affrété par le CP pour transporter du pétrole de schiste depuis la métropole québécoise jusqu'à une raffinerie de la côte atlantique canadienne. Le pétrole provenait du Dakota du Nord, au centre-nord des États-Unis.

Dans cette poursuite du ministère québécois de la Justice, consultée vendredi par l'AFP, l'entreprise ferroviaire est accusée de n'avoir fait «aucune vérification quant à la sécurité des opérations» et d'avoir «cautionné» le stationnement nocturne, sans surveillance, du convoi de pétrole.

Les wagons DOT-111 n'étaient en effet pas adaptés au pétrole de schiste, plus volatil, et le train avait été stationné pour la nuit à quelques kilomètres de Lac-Mégantic, sur la voie principale, d'où il avait dévalé seul la pente menant au village.

Canadien Pacifique «savait ou aurait dû savoir que le choix du trajet et du transporteur (...) étaient inadéquats, en raison notamment de la désuétude de leur chemin de fer», plaide le gouvernement québécois.

En réparation, et pour couvrir les frais de nettoyage et de reconstruction engagés par la province, le gouvernement réclame 409 millions de dollars, est-il indiqué dans ces documents de cour.

Déposée en 2015, cette poursuite avait d'abord été suspendue avant d'être réactivée et amendée début septembre.

Refusant tout commentaire, CP a renvoyé l'AFP vers ses résultats financiers du troisième trimestre 2016 récemment publiés et qui font état d'un bénéfice net en hausse de 347 millions de dollars $ (+7,4% sur un an).

Le transporteur ferroviaire y mentionne la poursuite du Québec, mais «nie toute responsabilité» dans la catastrophe et indique «avoir l'intention de fermement se défendre».

Une première audition devant un juge dans ce dossier est prévue le 8 novembre.