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Enquête «J.E.» – La guerre contre les homosexuels

L’homophobie persiste dans l’armée

Pierre-Olivier Zappa - TVA Nouvelles

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L’armée canadienne porte encore aujourd’hui des séquelles de la guerre contre ses soldats homosexuels, entre 1976 à 1992. Un haut gradé gai de l’état-major des Forces s’est confié à l’émission J.E. sur la discrimination homophobe toujours présente dans son milieu de travail.

John (non fictif) souhaite garder l’anonymat, car ses confidences pourraient entrainer son congédiement, jure-t-il. Il y a 20 ans, il s’est marié à une femme et il a fondé une famille. « C’était pour brouiller les pistes et garder mon emploi. »

PHOTO 7 - John

Ce n’est qu’il y a quelques mois qu’il a tout avoué à sa famille et ses collègues. « Ce fut extrêmement difficile. Aujourd’hui, officiellement, l’homosexualité est acceptée par l’armée. Mais, un gai qui le dit ouvertement n’aura pas les mêmes possibilités d’avancement qu’un hétérosexuel. Je le sais car je participe justement à ces décisions », confie ce membre de l’état-major.

Il ajoute que le discours homophobe demeure persistant, même dans les hautes sphères des Forces. « C’est dans la culture de boys club de l’armée. On se fait encore traiter de tapette et de moumoune. C’est de la discrimination très par en dessous », explique-t-il.

Un manque de ressources

John estime que l’armée n’en fait pas assez pour aider les soldats homosexuels à se tailler une place, et partager leurs expériences parfois difficiles.

« Dans l’armée, il n’y a aucune aide, aucun soutien pour les gais. Tu es alcoolique, tu as de l’aide, car il y a des groupes pour eux. Tu es un batteur de femme, l’armée va t’aider. Mais si tu es gai, que tu veux partager tes craintes, tes difficultés, oublie ça! », s’indigne-t-il.

Selon lui, la création de cercles d’échanges et de groupes d’entraide au sein des Forces permettrait aux homosexuels de mieux s’intégrer dans ce milieu travail qui leur est parfois hostile.

« Il est temps que l’armée se réveille et qu’on puisse avoir des groupes de soutien, quelqu’un à qui parler quand on a besoin d’aide. Il est aussi temps que les militaires changent de mentalité. Or, c’est difficile de dénoncer des patrons homophobes, car il sont encore nombreux dans l’armée », conclut John, avec une indignation à la mesure des souffrances qu’il a subies.

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