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Mode

Chic Marie dans le garde-robe des Torontoises

Martine Turenne

 - Agence QMI

Après Montréal, Chic Marie se lance à la conquête du marché de Toronto. Son service de location de vêtements est désormais disponible dans la métropole canadienne.

«C’est une expansion sur plateforme, on n’a toujours pas de boutique», dit Marie-Philip Simard, présidente fondatrice de Chic Marie. Les clientes commandent leurs vêtements (vestons, chemisiers, jupes, tailleurs et robes) sur le site web et ceux-ci sont livrés depuis l’entrepôt du siège social, situé dans le quartier de la mode, à Montréal.

L’entreprise a été lancée par la jeune femme de 27 ans, il y a 18 mois. Chic Marie comptera bientôt son sixième employé et ne dévoile ni son nombre de clients ni ses revenus.

«On a une croissance de 40 % de mois en mois», dit Marie-Philip Simard, qui affirme que le taux de rétention est de 96 %.

Chic Marie offre à ses clientes deux types de forfait mensuel: un «casual» à 55 $ et un forfait «classique» à 95 $. Elles peuvent commander jusqu’à neuf vêtements par mois, livrés par la poste. Elles peuvent les garder le temps qu'elles le désirent, pour ensuite les retourner à l’entrepôt, ou encore, acheter un morceau, ce qui est le cas d’une personne sur six.

La jeune femme et la boomer

Toronto est la première ville où Chic Marie s’étend à l’extérieur de Montréal, mais New York et Boston sont dans la mire de la fondatrice.

«Il y a deux gros joueurs aux États-Unis, qui existent depuis moins de cinq ans, et nous sommes les seuls au Canada. »

La stratégie à Toronto est la même qu’à Montréal, avec les médias sociaux (Facebook, Instagram et Pinterest) au cœur du développement des affaires.

La cliente type est une femme âgée entre 25 et 35 ans, explique Marie-Philip Simard, qui veut être à la mode. Chic Marie attire aussi un vaste public (jusqu’à 40 %) de femmes âgées de plus de 55 ans. «Ça nous a surpris. Ce sont parfois même des préretraitées, qui souhaitent des vêtements plus excentriques.»

Les vêtements achetés par Mme Simard sont fabriqués par des designers québécois, canadiens et américains, comme Eve Gravel, Travis Taddeo ou Betina Lou. Ce sont les robes qui sont les plus louées par les clientes, de même que les couleurs «qu’on se lasse de porter lorsqu’on les achète», dit la présidente, comme le jaune flamboyant.

Une équipe de couturières et de nettoyeurs remettent le vêtement comme neuf lorsqu’il revient de chez la cliente.

Chic Marie veut offrir dans un avenir rapproché des accessoires et des sacs à main, ainsi que des vêtements taille plus, voire de maternité, un marché idéal pour la location.

Comme plusieurs détaillants qui ont commencé à vendre en ligne seulement, Chic Marie aimerait éventuellement avoir pignon sur rue. «Un genre de showroom, où on présenterait quelques pièces.»

Moins de gaspillage vestimentaire

Chic Marie se veut un antidote au gaspillage vestimentaire. Selon le Bureau of Labor Statistics, la femme nord-américaine moyenne dépense plus de 1700 $ par année en vêtements et accessoires, achète 64 pièces de vêtements, mais n’en utilise que 22 de manière récurrente.

«Ainsi, près de 60 % de la garde-robe d’une femme n’est pas utilisée sur une base régulière», dit Marie-Philip Simard.

Elle perd aussi beaucoup de temps dans le magasinage: près de 200 heures chaque année, selon la firme de recherche One Poll Survey.

Intelligence artificielle

Le cofondateur de Chic Marie fait présentement une maîtrise en intelligence artificielle, et ça n’est pas un hasard. L’entreprise veut développer une plate-forme parmi les plus avancées dans ce domaine.

«On bénéficie du soutien du Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM) ainsi que du Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI). Notre plate-forme nous permettra, avec une analyse poussée des données fournies par les clientes, de leur faire des suggestions personnalisées. On veut créer la garde-robe idéale pour chaque cliente.»