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Présenté par la Banque Nationale

Le défi de devenir entrepreneur

Stéphane Desjardins | Collaboration spéciale

Tous les entrepreneurs à succès le répètent: se lancer en affaires est la plus palpitante des aventures. C’est aussi une intense course à obstacles.

Comment faire face au flot quotidien et ininterrompu de décisions, de contraintes, d’accidents de parcours et de limitations de toutes sortes? Comment convaincre clients, fournisseurs, personnel et banquiers de la justesse de votre plan d’affaires, de vos produits et services?

Sur quoi devrait-on investir son temps lorsqu’on lance son entreprise?

La gestion du temps

C’est l’aspect le plus difficile et le plus méconnu de l’entrepreneuriat. Gérer son temps est encore plus compliqué que de trouver des clients ou du financement!

Le temps, c’est de l’argent, dit l’adage. Le vôtre est la commodité la plus précieuse de l’univers! Le gaspiller est une honte. L’organiser, une vertu.

Conseils

- Chaque matin: prenez dix minutes pour revoir vos priorités de la semaine et du jour, reportez les items non essentiels;

- Devenez un expert dans l’art d’utiliser vos outils électroniques: agenda, prise de notes, gestionnaires de tâches; privilégiez les applications infonuagiques multiplateformes;

- Le ressourcement: chaque trimestre, une journée s’ajoute au calendrier: c’est votre congé privé et solo; profitez-en pour vous évader à vélo, en randonnée, en ski; vous en reviendrez les idées plus claires que jamais;

- Les réunions: elles durent 30 minutes et ne comptent que cinq points à l’ordre du jour; assurez-vous que chacun a donné son opinion et interrompez les grandes gueules (c’est vous le patron); tenez vos réunions debout si vous craignez qu’elles s’éternisent; tout le monde doit laisser son téléphone dans sa poche;

- Déléguez si possible les tâches routinières et concentrez-vous sur la stratégie et les ventes;

- Gérez vos courriels à des moments précis et inamovibles de la journée: 8h, 11h30, 15h30, 21h;

-Si possible, fermez l’entreprise entre Noël et le Jour de l’an et décrochez vous aussi: vos proches et vos employés s’en souviendront;

-Organisez un lac-à-l’épaule semestriel d’un jour avec votre associé dans un lieu secret;

-Demandez conseil sur la gestion du temps à des entrepreneurs expérimentés ou à votre mentor.

La vision, la détermination et la passion expliquent beaucoup le succès en affaires. La chance, peut-être. Mais il faut instaurer les conditions gagnantes qui vous permettront de saisir les opportunités quand elles se présentent. Rapidement, tout entrepreneur en herbe réalise qu’il a du talent, mais pas dans tous les domaines. Et il doit pourtant trancher parfois sur des questions qu’il maîtrise mal ou pas du tout. Quelles sont donc les aptitudes à développer?

Des aptitudes à développer pour avoir du succès en tant qu’entrepreneur.

La vision, la détermination et la passion expliquent beaucoup le succès en affaires. La chance, peut-être. Mais il faut instaurer les conditions gagnantes qui vous permettront de saisir les opportunités quand elles se présentent.

S’améliorer soi-même

La quête du succès en affaires est souvent modelée sur la croissance personnelle! Cinq atouts caractérisent habituellement les entrepreneurs à succès:

- L’ouverture d’esprit;

-La passion;

-L’écoute;

-L’investissement;

-Le doute.

Être un entrepreneur, c’est se battre contre l’inertie. Et souvent dans la solitude. Laisser de côté ses préjugés, idées préconçues, sa culture personnelle et sociale permet de saisir des opportunités que personne n’a vues, de découvrir des talents cachés dans des candidats atypiques, de trouver des issues à un problème apparemment insoluble.

Notez clairement vos forces et faiblesses

Avant de vous lancer en affaires, prenez une feuille de papier et consignez vos forces et faiblesses dans les domaines suivants, puis identifiez les solutions:

Suis-je une personne timide, en bonne santé?

Je gère bien mon stress, mes émotions, mon temps, suis-je capable de déléguer?

Ai-je l’appui de mes proches, de mon conjoint?

Ai-je la bonne formation ou expérience (dans mon domaine ou dans le monde des affaires)?

Mon français est-il excellent? suis-je bilingue, trilingue?

Mon projet est-il clair, structuré; puis-je le vendre dans un ascenseur à un financier potentiel?

Suis-je bon en mathématiques, dans la vente, pour gérer des employés?

Comment protéger la santé financière de sa famille lorsqu’on se lance en affaires?

Préparer le terrain

L’état de vos finances familiales influencera fortement votre projet d’entreprise. Le meilleur appui à votre projet d’entreprise demeure celui de vos proches. Surtout de votre conjoint, qui doit être inconditionnel.

Par son appui, votre conjoint investit indirectement dans votre entreprise. Mettez-le dans le coup pour évider les crises classiques (un conjoint qui panique et demande le divorce; un homme qui refuse d’accepter la gloire et la richesse de sa conjointe en affaires; un conjoint infidèle dans les moments difficiles...). Une fois l’entreprise lancée, il faudra faire la part des choses et garder pour vous les aspects les plus anxiogènes de votre projet d’affaires.

- Êtes-vous propriétaire, locataire, y a-t-il une bonne équité sur votre maison?

- Quel est l’endettement familial? L’épargne? Les deux travaillent, à temps plein, partiel?

- Avez-vous assez d’argent pour faire face à une crise majeure (un des conjoints perd son emploi ou tombe en invalidité prolongée, un enfant est diagnostiqué d’une maladie grave)?

- Avez-vous un fonds d’urgence familial représentant trois mois de dépenses?

- Êtes-vous mariés, conjoints de fait, célibataires?

- Avez-vous des mandats d’inaptitude, testaments, contrats de vie commune?

- Votre dossier de crédit est-il impeccable?

- Vos biens sont-ils adéquatement assurés (surtout s’ils vont servir à votre entreprise)?

- Faut-il se doter d’une couverture d’assurance vie ou d’invalidité?

- Faudra-t-il créer une fiducie familiale?

- L’entreprise doit-être être incorporée?

- Faut-il se verser un salaire, des dividendes, du remboursement de capital, d’avances d’actionnaire?

- Monsieur doit-il travailler pendant que Madame réalise son rêve?

- Sujet délicat: Quelles garanties êtes-vous prêt à offrir pour financer le démarrage de l’entreprise, surtout en cas de patrimoine partagé?

Faites votre bilan financier familial et mesurez votre marge de manoeuvre à l’aide d’un spécialiste: consulter votre banquier, votre comptable et même un fiscaliste. Ils vous permettront de mieux planifier la forme juridique de l’entreprise, la convention d’actionnaire, ainsi que la façon la plus appropriée de protéger le patrimoine familial.

Votre conjoint vous admire et vous appuie: il doit vous le faire sentir quand ça va bien, mais aussi quand ça va moins bien. Expliquez-lui votre projet en long et en large, vos motivations et vos objectifs. Consultez-le en permanence.

Lancer son entreprise : un « incubateur », à quoi ça sert?

S’installer dans un incubateur a fait le bonheur de nombreux jeunes entrepreneurs. Y installer son entreprise au début de sa phase de démarrage vous permettra avant tout de bénéficier de l’esprit des lieux. Vous serez entourés de jeunes entrepreneurs passionnés, comme vous. Ils vivent des crises, des succès, des problèmes souvent similaires aux vôtres. Leurs talents ou contacts vous seront précieux. Certains deviendront vos clients, vos fournisseurs ou les deux!

Les incubateurs sont, en fait, des écosystèmes qui offrent programmes de formation, coaching, mentorat, bancs d’essai... Le loyer est très abordable et comprend internet haute vitesse, reprographie, accueil de clients, traiteur, salles de réunion et, surtout, soutien professionnel (juridique, comptable, stratégique). Quelques incubateurs offrent diverses formes de financement ou de speedating avec des investisseurs potentiels.

Les bureaux ouverts, à la décoration branchée, favorisent échanges, collaborations, réseautage, partagent des dernières technologies et connaissances, ainsi que de solides amitiés! Il y a même un certain prestige à séjourner dans un incubateur.

Le Québec compte désormais de nombreux incubateurs dans pratiquement toutes les régions. Certains sont mêmes virtuels, comme l’Accélérateur Banque Nationale HEC Montréal (rediriger sur : http://www.jecomprends.ca/laccelerateur-de-liebn-des-entreprises-dici-a-la-conquete-du-monde), qui permet d’accompagner de jeunes entrepreneurs ou d’accélérer des projets innovants par des activités pédagogiques et de la recherche de pointe.

Visitez, comparez, magasinez. Les meilleurs incubateurs sont ceux qui invitent conférenciers, experts et entrepreneurs (vedette ou non) à partager conseils et expériences.

Les entrepreneurs ont tous des héros

La passion, c’est peut-être inné, mais ça s’entretient. Les entrepreneurs ont tous des héros: Gandhi, Steve Jobs, Jean Coutu, Nelson Mandela, Marie Curie, Aung San Suu Kyi, Alexandre Taillefer, Malala Yousafzai, Christiane Germain, Éric Boyko, Danièle Henkel, Alain Bouchard, Guy Laliberté... Ils ont tous remué ciel et terre pour faire avancer leurs idées.

Lisez leurs écrits, suivez leurs conseils. Et quand vous passerez votre message, faites-le à l’image de votre héros personnel. Tous les vendeurs vous le diront: on ne met pas son entreprise en valeur, c’est soi-même qu’on vend. Et soyez intègre avec vous-même et vos interlocuteurs. L’éthique ne rapporte rien, mais fait foi de tout.

Références:

Outil Mon modèle d’affaires

Incubateur HEC – Banque Nationale

Parcours entrepreneurial Rémi Marcoux

École d’entrepreneurship de Beauce

Fondation de l’entrepreneurship

Maison Notman

Devenir entrepreneur