/news/law

Plaintes d'abus contre des policiers

Des accusations déposées dans 2 des 37 dossiers soumis

Agence QMI 

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé vendredi que seulement deux des 37 dossiers qu'il a analysés concernant des allégations d’agressions sexuelles sur femmes autochtones et visant notamment six policiers de la Sûreté du Québec à Val-d’Or font l’objet d’accusations criminelles.

Suivant l’analyse des dossiers, deux policiers retraités, Alain Juneau de de la SQ à Schefferville et Jean-Luc Vollant de la police amérindienne de Schefferville, ont été arrêtés au cours des derniers jours. M. Juneau fait face à deux accusations, agression sexuelle et voies de fait, qui auraient été perpétrées entre 1992 et 1994. M. Vollant est accusé de viol et d’atteinte à la pudeur qui seraient survenus dans les années 1980.

Enquête du SPVM

En octobre 2015, après que plusieurs femmes autochtones de Val-d’Or eurent allégué avoir été victimes de sévices et d'abus sexuels de la part de policiers de la SQ, le ministère de la Sécurité publique annoncé la tenue d’une enquête.

Le Service de police de la Ville de Montréal a été chargé de mener l’enquête sur les allégations visant les policiers de Val-d’Or, mais aussi des policiers de partout dans la province et qui auraient commis des infractions contre des autochtones.

«Le fait que nous n’avons pas porté d’accusations dans des dossiers ne signifie pas que les événements n’ont pas eu lieu», a tenu à dire indiqué Me Nadine Haviernick, du DPCP, en conférence de presse à Val-d’Or vendredi après-midi.

«Mais la preuve dont nous disposons ne nous permet pas d’intenter une poursuite criminelle», a-t-elle ajouté.

Les policiers du SPVM ont examiné les allégations provenant de 21 femmes et 7 hommes visant 28 policiers actuellement en fonction à la SQ, six policiers retraités et un policier décédé. Le DPCP a étudié 14 allégations de nature sexuelles, 15 d’usage excessif de la force par des policiers, neuf de séquestration, notamment.

Les accusés comparaîtront au palais de justice de Sept-Îles le 19 janvier 2017.

Déception et colère

Suivant l’annonce du DPCP, la déception et la colère étaient palpables à l’extérieur du palais de justice de Val-d’Or où des manifestants faisant entendre leur mécontentement.

«Très très déçu! a lancé le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec, Ghislain Picard. Il y a très clairement une distance entre la justice et son application lorsqu’il s’agit des communautés autochtones.»

Urgence d'agir

«Je fais le constat que les incidents qu’on a vus à Val-d’Or sont très troublants, très préoccupants, et je constate également les limites de notre système de justice», a affirmé de son côté le ministre responsable des affaires autochtones, Geoffrey Kelley, à TVA Nouvelles. Il estime qu'il y a une perspective plus large à considérer, notamment les conditions de vie des femmes autochtones.

«Il y a une certaine urgence d’agir rapidement. Or une enquête publique n’est pas un outil rapide, donc, j’ai toujours préféré une table ou un processus de réconciliation où on peut passer aux actes maintenant», a ajouté M. Kelley.

«Il faut absolument que soit déclenchée une enquête élargie sur les relations entre les nations autochtones et les forces policières, a affirmé le député Alexandre Cloutier, porte-parole en matière d’affaires autochtones. Nous la réclamons depuis des mois.»

La CAQ a également réitéré sa demande de commission d’enquête.

Dans la même catégorie