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Hasard bouleversant

Convoquée pour être jurée au procès du présumé meurtrier de sa fille

TVA Nouvelles

Une mère de famille est bouleversée après avoir été convoquée pour être membre du jury qui déterminera du sort du présumé meurtrier de sa fille, assassinée il y a un peu plus de deux ans.

La situation est aussi improbable que troublante pour Marlène Dufresne, la mère de Gabrielle, assassinée froidement par son copain dans un motel de l’est de Montréal en juin 2014.

Déjà tendue à l’idée de plonger dans le processus judiciaire, un troublant hasard a fait en sorte que la mère de la victime a été aléatoirement sélectionnée afin d’être du jury qui déterminera du sort du présumé meurtrier.

«On se demande ce qui nous arrive. C’est comme si je n’en avais pas assez du décès, pas assez du procès qui approche, et on me rajoute ça en plus, a-t-elle confié sur les ondes de LCN. Ça m’a pris 48 heures avant de m’en remettre, à être affaiblie. C’est comme une rechute.»

La lettre de sommation n’indiquait pas la nature du procès auquel elle était convoquée, mais la date de son ouverture coïncidait avec celle prévue dans le dossier du meurtre de sa fille. C’est à ce moment que les doutes se sont installés.

«J’ai appelé au bureau du shérif et après n’avoir eu aucune réponse précise, j’ai appelé l’enquêtrice, qui a transmis le dossier à la procureure de la couronne, Me Dagenais, qui a fait annuler la convocation», explique Mme Dufresne.

«En 28 ans de carrière, la procureure n’avait jamais vu ça», poursuit-elle.

Jonathan Mahautière, 18 ans au moment du drame, est accusé du meurtre de son ami de cœur dans une tragique histoire de violence conjugale. Gabrielle n’était alors âgée que de 17 ans.

Des procédures qui s’éternisent

Le procès, qui devait s’ouvrir dans les prochaines semaines au palais de justice de Montréal, a encore une fois été reporté après un nouveau changement d’avocat. La famille devra maintenant patienter jusqu’en mars 2017 avant de connaître le sort réservé à Jonathan Mahautière.

«Une semaine avant le procès, il a décidé de congédier son avocat, c’est le deuxième depuis le mois d’août, explique Mme Dufresne. On a eu une rencontre avec le juge qui lui a ordonné de se trouver un avocat avant le 29 novembre en vue d’un procès en février ou mars, sans quoi il devrait se représenter tout seul.»

À chaque report du procès, Mme Dufresne revit la même déception. Elle doit reprendre le travail, puis l’arrêter afin de se préparer au procès. Heureusement, son employeur s’est toujours montré compréhensif, dit-elle.

«Il y a une préparation de presque quatre semaines avant le procès pour essayer de gérer le stress qui s’en vient. On veut juste en terminer, mais c’est comme s’il n’y avait pas de fin», déplore-t-elle.

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