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Femmes autochtones de Val-d’Or

Marc Bellemare réclame un comité indépendant

Marc-André Gagnon | Agence QMI

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

Fustigeant le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), l’ex-ministre de la Justice, Me Marc Bellemare, réclame qu’un comité indépendant soit formé afin de revoir la décision de ne pas porter d’accusation dans le dossier des femmes autochtones de Val-d’Or.

«Déplorable. Trente-huit dossiers ouverts. Trente et une victimes. Des crimes de nature sexuelle, mais aussi des crimes de violence. Pas d’accusation. Moi, la police qui enquête sur la police, je ne crois pas à ça», a commenté l’avocat et ex-ministre libéral, en marge d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale.

Bien que l’observatrice indépendante nommée par le gouvernement, la professeure Fannie Lafontaine, ait conclu «qu’au plan méthodologique il n’y avait pas de problème», a résumé Me Bellemare, elle n’a entendu «aucun policier, aucune victime», a-t-il souligné.

Le simple fait qu’elle ait constaté qu’il y aurait «de la discrimination systémique» suffit pour douter de la conclusion de l'enquête policière du SPVM et de la décision prise par le DPCP.

«Qu’est-ce qui se passe. Comment ça se fait qu’il n’y a pas d’accusations», a soulevé l’ex-ministre.

Comme à Longueuil

Comme ce fut le cas dans le dossier du policier de Longueuil qui a happé mortellement un petit garçon de 5 ans alors qu’il roulait à plus de 122 km/h, Me Bellemare suggère que la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, forme un comité indépendant afin de revoir la décision du DPCP.

Rappelons que contrairement au DPCP, le comité indépendant formé par le gouvernement avait finalement recommandé d’accuser le policier de conduite dangereuse causant la mort.

«Surtout qu’il y a trente-huit dossiers», a insisté Me Bellemare, qui trouve «un peu archaïque», les façons de faire du DPCP.

«Le gens perdent confiance dans le système judiciaire, a-t-il observé, et puis là, c’est malheureux, parce que ce n’est pas le système judiciaire qui est problématique ici : c’est le DPCP avec ses décisions qui ne sont jamais motivées.»

«Pourquoi le DPCP ne pourrait pas motiver ses décisions de ne pas porter d’accusations publiquement, pas juste faire un point de presse, mais expliquer pourquoi ces 38 plaignantes-là ne seraient pas crues devant un juge ?»

«Encore faut-il que le juge puisse entendre la preuve et décider. Le DPCP n’est pas un juge, mais souvent il se comporte comme des juges. Le juge, c’est après le DPCP. La job du DPCP, c’est d’accuser et le juge de décider de l’accusation.»

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