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Centre jeunesse de Baie-Comeau

Les jeunes ne peuvent pas se parler en innu

TVA Nouvelles

Les Innus de Pessamit, sur la Côte-Nord, dénoncent le fait que les jeunes du centre jeunesse de Baie-Comeau se font interdire de parler leur langue.

Raymond Rousselot, membre du Conseil des Innus de Pessamit, a qualifié la situation de révoltante. Selon lui, il s’agit de racisme.

Il estime que cette situation alimente la colère des jeunes du centre jeunesse plutôt que de les aider.

«Ils ont pas le droit de parler entre eux autres. La raison qu’eux m’ont donné, c’est qu’ils ont peur qu’ils parlent d’eux autres dans leur dos ou simplement qu’ils préparent des plans pour s’évader, pour fuguer. Ce n’est pas normal», explique M. Rousselot.

«C’est une forme de racisme. C’est discriminatoire. Tu ne peux pas empêcher quelqu’un de communiquer dans sa langue», estime-t-il.

Cette situation a aussi fait réagir Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec, lui-même natif de Pessamit.

«C’est absolument inacceptable, surtout dans une société qui se dit ouverte à la diversité, qu’on puisse entendre ce genre de témoignage-là», a-t-il déclaré.

Le centre se défend de faire preuve de racisme. Sa porte-parole Sandra Morin dit qu'il n'y a aucune directive claire allant dans ce sens. Parfois, explique Mme Morin, dans de grands groupes, il arrive qu'on demande aux autochtones de parler français pour des raisons de sécurité.

«Peut-être que quand il y a des discussions en grand groupe, ils peuvent leur demander de parler français pour que tout le monde puisse les comprendre. S’ils ne veulent pas, il n’y a personne qui va leur dire qu’ils sont obligés de le faire.»

Aucun intervenant ne parle cette langue au centre jeunesse de Baie-Comeau, contrairement à celui de Uashat, près de Sept-Îles.

-D'après les informations de Michel Jean

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