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Controverse nord-américaine

Fidel Castro: Trudeau sur la défensive

Régys Caron | Agence QMI

Même s'il reconnaît que Fidel Castro était un dictateur, Justin Trudeau se défend d'avoir cautionné les exactions qu'il a pu commettre envers les Cubains en lui rendant hommage à la suite de son décès.

«Je comprends tout à fait que des gens ont vécu des réalités extrêmement difficiles dans l'histoire de Cuba (...) Ma déclaration était à l'occasion du décès d'un ancien chef d'État avec lequel le Canada a eu une relation profonde», s'est défendu le premier ministre canadien à l'occasion de la conférence de presse où il faisait le bilan de sa présence au XVIe Sommet de la francophonie qui a pris fin dimanche, à Madagascar.

Justin Trudeau a déclenché une controverse à l'échelle nord-américaine, samedi, en qualifiant Fidel Castro de «leader remarquable plus grand que nature», en réaction au décès du dictateur vendredi.

Après sa prise du pouvoir par la force, en 1960, Fidel Castro s'est associé à l'Union soviétique, en pleine guerre froide, pour instaurer une dictature communiste. Pendant ses longues années au pouvoir à Cuba, le «lider maximo» a emprisonné des centaines de dissidents politiques.

À une journaliste qui lui demandait s'il considérait Fidel Castro comme un dictateur, Justin Trudeau a répondu: «Oui. Je ne suis pas du tout en train de minimiser ça. Il était certainement une figure controversée qui a suscité de sérieuses préoccupations au sujet des droits humains. C'est quelque chose que j'ai déjà souligné.

«Les Canadiens savent que je suis un défenseur des droits de l'homme. Je l'ai fait à Cuba la semaine dernière lors de ma rencontre avec Raul Castro. »

Appui de Couillard

Justin Trudeau a été appuyé par son homologue du Québec, Philippe Couillard qui, par la voie d'un communiqué, a d'abord décrit Fidel Castro comme «une figure légendaire qui voulait offrir à son peuple un pays fort et prospère. Il a fait progresser les systèmes d’éducation et de santé de Cuba.»

M. Couillard a lui aussi essuyé dimanche un barrage de questions de la part des journalistes au sujet des hommages à l'endroit de Fidel Castro.

Le premier ministre québécois s'est défendu d'avoir commis un impair en rendant hommage au dictateur disparu. «Il faut répéter qu'avec le décès de Fidel Castro disparaît un des géants du 20e siècle. Là-dessus, il ne peut y avoir aucune controverse. Quant à ses années comme chef de gouvernement, l'histoire se chargera d'en faire une lecture équilibrée.

«On doit rappeler l'importance de ce personnage, le fait que le Canada et le Québec, au cours des années de blocus, ont maintenu une relation ouverte avec Cuba et que j'ai procédé à la première visite d'un premier ministre du Québec à Cuba», a plaidé M. Couillard.

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