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Des procès sur le point d’avorter, une ministre dépassée?

TVA Nouvelles

Les lenteurs du système de justice pourraient entraîner l’annulation de 222 procès, a admis aujourd’hui la ministre Stéphanie Vallée. Une déclaration qui met la table à l’émission d’actualité politique «La Joute».

«Est-ce qu’il y a une ministre de la Justice au Québec? Ce n’est pas normal que Véronique Hivon en sache plus et soit davantage en contrôle du dossier que la ministre elle-même. C’est pathétique, s’insurge Bernard Drainville, analyste à l’émission diffusée sur LCN.

La ministre Vallée est incapable d’articuler un plan et de dire à la population comment elle compte sauver tous ces procès, déplore M. Drainville.

«Si elle ne réussit pas à sauver le procès Vaillancourt, ça va être un maudit scandale. Il y aura plein de gens au Québec qui vont se demander avec raison si c’est une décision politique pour protéger l’intérêt partisan des libéraux que de ne pas avoir pris les moyens pour que ce procès-là aboutisse», dit-il, excédé, en reconnaissant qu’il faut envisager sérieusement le recours à la clause dérogatoire pour protéger les procès et les victimes.

Son coanalyste, Luc Lavoie estime que le rôle premier d’un État, avant l’éducation et la santé, c’est de s’assurer du fonctionnement de l’État de droit, «c’est la base de notre démocratie», affirme-t-il.

«Comment se fait-il que des crapules, des gens des Hells Angels, de petits mafiosos et peut-être (l’ancien maire de Laval) Vaillancourt – bien qu’il ait la présomption d’innocence, vont s’en sortir parce qu’on n’est pas capable au Québec d’administrer la justice» se questionne M. Lavoie, qui ajoute que la ministre Vallée ne lui semble pas «très solide».

Clause dérogatoire

Quant à un éventuel recours à la clause dérogatoire, Luc Lavoie juge qu’il s’agirait d’un aveu d’incompétence de la part de la ministre de la Justice.

Plus tôt aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, la critique de l’opposition en matière de justice, Valérie Hivon, n’a pas mâché ses mots envers Stéphanie Vallée: «Il faut que la ministre sorte de sa torpeur», a-t-elle déclaré.

Les paroles de Mme Hivon ont trouvé écho dans les studios de l’émission animée par Paul Larocque. «Amenez-nous (Pierre) Moreau pour qu’il s’occupe de ça, c’est une crise que l’on a», lance Luc Lavoie, en faisant allusion à un possible remaniement ministériel, un scénario récemment évoqué au sein du gouvernement Couillard.

Bien que la clause dérogatoire ne soit pas la meilleure façon de régler les problèmes de fond, Bernard Drainville croit pour sa part que c’est un pis-aller vers lequel on ne doit pas craindre de se tourner.

«En cas de circonstances exceptionnelles, il faut recourir à des moyens exceptionnels et la clause dérogatoire est là pour ça, elle est légale et constitutionnelle», explique-t-il.

Et quel sort devrait-on réserver à Stéphanie Vallée? «Elle est candidate à un remaniement ministériel, et ça presse!»

Voyez dans la vidéo ci-dessus un extrait de l’émission «La Joute».

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