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Ottawa

Oui à Trans Mountain et à la Canalisation 3 et non à Northern Gateway

Guillaume St-Pierre | Agence QMI

Le premier ministre Justin Trudeau a donné le feu vert à deux importants projets de pipelines, en plus d’en refuser un autre, mardi.

Les projets de modernisation Trans Mountain, qui doit relier l’Alberta à l’océan Pacifique, ainsi que celui de la Canalisation 3, reliant également cette province au Wisconsin, aux États-Unis, reçoivent la bénédiction du fédéral.

Sans grande surprise, le controversé projet d’oléoduc Northern Gateway est quant à lui abandonné.

Tout aussi controversé est le projet Trans Mountain, qui fait face à une vive opposition, notamment politique, en Colombie-Britannique.

Ce pipeline de la pétrolière américaine Kinder Morgan permettra d’acheminer 900 000 barils d’or noir vers Burnaby, dans la région de Vancouver. Le conseil municipal de cette ville ainsi que des militants écologistes et autochtones se sont opposés au projet.

En point de presse, Justin Trudeau s’est défendu d’aller contre la volonté d’une part importante de la population en affirmant qu’il est «très rare, sinon impossible» que certains projets majeurs reçoivent «l’unanimité».

«Nous devons prendre les bonnes décisions dans l’intérêt du pays et des Canadiens en acceptant qu’il va y avoir des personnes qui ne seront pas d’accord avec nous», a expliqué M. Trudeau.

Le gouvernement libéral a donné le feu vert à Trans Mountain sous réserve de 157 conditions juridiquement contraignantes. Évalué à 6,8 milliards $, le projet doit créer 15 000 emplois, selon le fédéral.

Justin Trudeau soutient que les pipelines sont la moins mauvaise des solutions pour transporter le pétrole brut des sables bitumineux, dont la production ne fera qu'augmenter.

«Aujourd'hui, les oléoducs du Canada sont utilisés à pleine capacité. Cela veut dire que si la production augmente de façon significative, nous serons forcés de trouver d'autres moyens d'acheminer le pétrole (qui) sont moins sûrs que les oléoducs», a déclaré en conférence de presse M. Trudeau, citant l'exemple du transport ferroviaire.

«Si je pensais que ce projet était dangereux pour le littoral de Colombie-Britannique, je l'aurais rejeté», a-t-il ajouté.

La capacité de l'oléoduc Trans Mountain va être portée de 300 000 à 890 000 barils par jour (BPJ), et celle de Canalisation 3 de 390 000 à 760 000 bpj.

La première ministre de l’Alberta Rachel Notley a accueilli l’annonce avec un soupir de soulagement, sa province ayant été frappée de plein fouet par la chute drastique de la valeur du pétrole.

«Il y a de la lumière au bout du tunnel, a-t-elle déclaré lors d’un tête-à-tête avec Justin Trudeau devant les caméras. Cela signifie que nous pouvons diversifier notre marché, et exporter nos produits vers la Chine.»

L’opposition conservatrice à Ottawa ne partage pas l’enthousiasme de la première ministre albertaine.

La chef intérimaire du parti, Rona Ambrose, est furieuse que les libéraux abandonnant le projet Northern Gateway, faisant ainsi une croix que sur «4000 bons emplois».

M. Ambrose doute aussi que le projet Trans Mountain voie le jour en raison de «l’opposition massive» de la population de la Colombie-Britannique. Selon elle, Justin Trudeau n'a tout simplement pas la force politique pour vaincre ce mouvement de contestation.

Le chef du NPD Thomas Mulcair est tout aussi en colère, mais pour les raisons inverses. Selon lui, avec la construction de nouveaux pipelines - de surcroît sans l'acceptation sociale nécessaire - il devient évident que le Canada ne pourra atteindre ses cibles de réduction des gaz à effet de serre en vertu de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.