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Scandale de la SIQ

Le PQ et la CAQ dévoilent un rapport confidentiel

Marc-André Gagnon | Agence QMI

Les partis d’opposition accusent les libéraux d’avoir caché un rapport d’expertise juricomptable révélant qu’ils étaient bien au fait des transactions au cœur du scandale de la Société immobilière du Québec (SIQ).

Selon le rapport confidentiel sur lequel le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont mis la main, le gouvernement Charest serait intervenu en 2009 afin que la SIQ s’abstienne de reprendre, en raison de défaut de paiement, trois immeubles dont deux vendus à bas prix à l’entreprise de George Gantcheff.

«Récupérer ces immeubles aurait été une bonne décision», observe la firme Accuracy dans un rapport signé à l’époque par Guylaine Leclerc, qui a depuis été nommée vérificatrice générale du Québec.

La SIQ aurait alors pu récupérer une somme de 53 millions $ correspondant aux paiements effectués à ce moment en plus de s’offrir la possibilité de revendre ces trois immeubles «à un prix égal sinon supérieur», mais «la volonté des autorités» n’y était pas, peut-on lire dans le rapport.

Le signal gouvernemental aurait été donné à la SIQ lors d'une rencontre entre George Gantcheff, la ministre des Finances de l’époque, Monique Jérôme-Forget et un représentant du premier ministre d’alors.

«Ça, c'est très, très surprenant parce qu'on a entendu Mme Jérôme-Forget dire que ça ne l'intéressait pas, qu'elle ne s'en occupait pas», a commenté le chef péquiste Jean-François Lisée.

«C'est un rapport qui est accablant pour le gouvernement libéral. M. Couillard a donc, entre ses mains, ce rapport depuis qu'il est au pouvoir, donc depuis deux ans et demi», a dit le chef caquiste François Legault.

Le PQ écorché au passage

À l’instar de M. Legault, le premier ministre Philippe Couillard et le ministre des Finances, Carlos Leitao, n’ont toutefois pas manqué de souligner que le rapport en question a été déposé en octobre 2013, sous le gouvernement Marois.

«Pourquoi ne l'ont-ils pas utilisé à l'époque pour faire la lumière sur ces événements, a questionné en chambre M. Couillard. On m'indique qu'il a été transféré à l'UPAC, ce qui était la bonne chose à faire.»

«En passant ces immeubles ont été vendus, ils n'ont pas été donnés à personne, a souligné à son tour le ministre Leitao. Ça a été vendu, ils ont été vendus pour 265 millions $, c'est-à-dire que l'État a empoché un profit de 130 millions $.»

M. Leitao considère aussi que de conserver ce rapport confidentiel était la décision «appropriée» afin de ne pas «faire dérailler» les enquêtes policières en cours.

«Un rapport juricomptable va nuire à une enquête de police, a pesté François Legault. Bien voyons donc! Les seuls à qui ça peut nuire, là, c'est le Parti libéral du Québec.»

«Il laisse sous-entendre que tout ça est en train de se dérouler, a souligné M. Couillard. Tout ça n'est pas en train de se dérouler: c'est des faits qui remontent à de nombreuses années.»

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