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Un «problème important»

Couillard veut lutter contre l’analphabétisme

Daphnée Dion-Viens | Agence QMI

Simon Clark/Agence QMI

Le premier ministre Philippe Couillard veut miser sur l’intervention précoce et la littératie afin d’améliorer la réussite et de s’attaquer à l’analphabétisme au Québec, qui représente un «problème important».

C’est ce qu’il a indiqué en marge de la consultation nationale sur l’éducation, qui se déroule à Québec jusqu’à vendredi midi. Plus de 90 intervenants sont réunis pour discuter des mesures à mettre en place pour améliorer la réussite scolaire des élèves québécois.

Après avoir entendu plusieurs acteurs du réseau de l’éducation identifier leurs priorités, M. Couillard en a retenu deux. Il veut miser sur l’intervention «la plus précoce possible» auprès des tout-petits, en poursuivant le déploiement de la maternelle quatre ans à temps plein dans les milieux défavorisés et «faire un effort important sur littératie».

«On a un problème d’analphabétisme au moins fonctionnel qui est important, malgré un système d’éducation moderne», a-t-il affirmé. Au Québec, 53 % des adultes éprouvent des difficultés en lecture, à différents niveaux.

Pas de nouvelle réforme

Lors de l’ouverture de la consultation, M. Couillard a par ailleurs précisé que les changements à mettre en place pour «moderniser» le réseau doivent aller au-delà des réinvestissements, sans toutefois vouloir entreprendre une «nouvelle réforme».

Le premier ministre a affirmé vouloir «faire un travail collectif» et «non pas une nouvelle réforme qui va s’ajouter par-dessus une autre», constatant la «fatigue» dans le réseau de l’éducation à ce chapitre.

Il a répété à maintes reprises vouloir faire de l’éducation une «grande priorité nationale».

Ces intentions ont été accueillies avec cynisme par les partis d’opposition, qui n’ont pas manqué de rappeler que le gouvernement Couillard avait coupé des centaines de millions de dollars en éducation au cours des dernières années.

«C’est dur de croire le premier ministre», a lancé le député péquiste Alexandre Cloutier, qui propose d’établir un seuil garanti de services directs aux élèves.

De son côté, le député de la Coalition avenir Québec, Jean-François Roberge, réclame des mesures concrètes, rapidement. «J’espère qu’on n’est pas tous conviés à écrire la prochaine plate-forme électorale du Parti libéral», a-t-il lancé.

Priorités

Les acteurs du réseau de l’éducation ont de leur côté tour à tour fait entendre leur priorité, en début d’avant-midi, variant d’un intervenant à l’autre.

De son côté, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a souligné qu’il y a eu un consensus qui s’est dégagé sur la «priorité d’inscrire l’éducation tout au long de la vie d’un individu», à la suite des nombreuses journées de consultations régionales qui se sont déroulées au cours des dernières semaines aux quatre coins de la province.

L’objectif reste par ailleurs de rendre la réussite scolaire accessible à tous, a-t-il répété, après que l’école soit devenue accessible à tous dans les années 60.

Depuis septembre, environ 15 000 personnes ont participé à ces consultations, qui se sont aussi déroulées en ligne.