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Vaillancourt plaide coupable à des accusations réduites

La Cour ordonne l’incarcération immédiate de l’ex-maire

TVA Nouvelles

Debout dans le box des accusés au palais de justice de Laval, l’ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt a plaidé coupable jeudi matin en Cour supérieure à des accusations de fraude, d’abus de confiance, de complot dans le cadre d’une entente négociée entre la Couronne et ses avocats.

La saga judiciaire entourant M. Vaillancourt, maintenant âgé de 75 ans, prend donc fin ce jeudi matin, avec son admission relativement à ces accusations.

La Couronne a laissé tomber l’accusation de gangstérisme à l’endroit de l’accusé. D’abord réticent, Gilles Vaillancourt a reconnu sa responsabilité criminelle sur les trois chefs d’accusation; la Cour a accepté.

La Cour a ordonné l’incarcération immédiate de Gilles Vaillancourt. Il devrait être condamné à six ans de prison.

Après les plaidoiries sur la peine, le maire déchu a fait une courte déclaration. «Je regrette très sincèrement les erreurs commises et la peine imposée à ma famille et aux citoyens de Laval», a dit Gilles Vaillancourt.

L’ex-maire a déjà cédé son condominium à la Ville de Laval, hier, et il a fait parvenir au DPCP 1,7 million de dollars. Le reste des 8,5 millions, qui font partie de l’entente avec la Couronne et qu'il s'est engagé à rembourser, est en cours de transfert.

Les millions remboursés par l’accusé proviennent de comptes en Suisse. Le politicien renonce aussi à sa pension de la Ville. Laval a signé une quittance avec l’ancien édile lavallois.

«Revenu Québec s’est assuré que les obligations fiscales du contribuable soient respectées et que les droits, pénalités applicables et intérêts soient appliqués, a déclaré le porte-parole de Revenu Québec, Stéphane Dion. Nous avons agi dans ce dossier afin de maximiser le recouvrement des sommes dues, et cela dans l’intérêt des Québécois et par souci d’équité fiscale.»

L’avocate de Gilles Vaillancourt plaide que son client a «dédié sa vie à la communauté lavalloise».

Gilles Vaillancourt connaîtra sa peine le 15 décembre prochain à 14h.

«Personne n’est au-dessus des lois», s’est borné à commenter la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, quand elle a été questionnée par les journalistes quant au plaidoyer de culpabilité du maire lavallois déchu.

L’ex-politicien s'est présenté de lui-même au palais de justice de Laval, qu'il a lui-même inauguré en 1992, pour enregistrer son plaidoyer devant le juge James Brunton de la Cour supérieure.

À son arrivée au palais de justice, Gilles Vaillancourt a fait cette déclaration: «Vous pouvez sans doute le deviner», lorsqu'il a été questionné par les journalistes. 

M. Vaillancourt, connu sous le nom de «roi de Laval», devra purger une peine de six ans de pénitencier et payer une amende de 9 millions $ à la suite d'une entente entre la Couronne et la défense.

L’accusation de gangstérisme qui pesait contre M. Vaillancourt ne sera plus retenue.

«C’est un bon règlement pour Gilles Vaillancourt parce qu’il évite l’accusation de gangstérisme et du côté de la Couronne, il y avait des risques en raison de l’arrêt Jordan. On est peut-être mieux avec cette entente qu’un arrêt des procédures», a expliqué Me Jean-Pierre Rancourt à l’émission «Le Québec matin».

Gilles Vaillancourt a démissionné de son poste en novembre 2012 après les perquisitions menées par l’Unité permanente anticorruption. Il avait dirigé la troisième plus importante ville de la province pendant une période de 23 ans.

Gilles Vaillancourt et ses 33 coaccusés ont tous été arrêtés par l'UPAC en mai 2013. On leur reproche d'avoir participé à un stratagème pour truquer l'octroi de contrats publics de 1996 à 2010. Ils font face à des accusations de complot, de fraude envers le gouvernement et de corruption dans les affaires municipales.