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La chambre de commerce veut rencontrer Mondelez Canada

Usine de biscuits Christie: la ministre Anglade se montre pessimiste

Martine Turenne | Argent

La ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, estime qu’il n’y a rien à faire avec les dirigeants de Mondelez Canada. Leur décision de fermer l’usine de la rue Viau et de mettre à pied 454 travailleurs est irrévocable, selon elle.

«Je ne veux pas être négative, mais je ne veux pas créer de faux espoirs non plus. Mon équipe est en échange avec eux depuis ce matin. Mais l’entreprise avoue elle-même que c’est une décision finale. Elle n’a pas l’air de vouloir se moderniser. Je ne peux pas forcer quelqu’un à faire quelque chose qu’il ne veut pas faire. Est-ce que j’aimerais trouver quelque chose? Oui, bien sûr. Mais je ne peux pas être optimiste. À la veille de Noël, 450 familles qui sont touchées, ce n’est pas une situation dans laquelle on veut se retrouver.»

L’usine montréalaise du géant mondial de l’alimentation Mondelez, fabricant des biscuits Christie, Oréo et LU, fermera d’ici la fin de l’année 2017.

La faute au gouvernement Couillard

De son côté, l’Association Internationale des Machinistes et des travailleurs de l'Aérospatiale (AIMTA), qui représente des travailleurs de Mondelez, veut «sauver les meubles» et s’asseoir avec l’employeur «pour évaluer les alternatives».

Le syndicat blâme l’inaction de Québec pour protéger des emplois dans le secteur manufacturier. « Le gouvernement libéral avait promis de créer 250 000 emplois durant son mandat et bien, je lui conseille d’abord de travailler à conserver les bons emplois existants», a dit le coordonnateur québécois de l’AIMTA, David Chartrand.

«Le gouvernement a-t-il été consulté, a-t-il l’intention de s’investir pour la sauvegarde de ces emplois? Ce n’est déjà pas évident pour l’est de Montréal, on ne peut pas laisser aller ces emplois-là sans agir.»

La ministre Dominique Anglade réfute vigoureusement ces accusations. Québec vient de mettre sur pied, dit-elle, le plan le plus ambitieux pour moderniser l’industrie manufacturière au Québec, avec 700 millions $ à la clé.

«Mondelez, c’est un exemple patent de ce qu’on ne veut pas voir, c’est exactement le scénario qu’on veut éviter avec notre initiative innovante», dit la ministre Anglade.

«Clairement, cette usine ne s’est pas modernisée. Elle a accumulé un retard et elle est devenue non productive. Nos entreprises doivent innover et c’est pour passer ce message aux entrepreneurs qu’on poursuit, depuis octobre et jusqu’en février, notre tournée à travers le Québec. Il y a une mobilisation sans précédent pour le manufacturier innovant, du jamais vu. On se rend compte de l’importance qu’on doit mettre dans l’équipement et ça vaut pour tous les secteurs de l’économie, pas juste l’aérospatiale.»

La Chambre de commerce garde espoir

De son côté, la Chambre de commerce de l'Est de Montréal (CCEM) a appris «avec déception» cette annonce. Elle demande une rencontre avec les dirigeants de Mondelez Canada «afin de clarifier plusieurs points auxquels son annonce d'hier ne répond pas», dit Carl Poulin, président-directeur général par intérim de la CCEM.

«Nous voulons notamment comprendre les moyens qui ont été mis en place par l'entreprise pour améliorer la productivité et la rentabilité de son usine de Montréal.»

Alors que l'optimisme semblait revenir au sein du secteur manufacturier de l'est de Montréal, cette fermeture est un nouveau coup dur, dit Carl Poulin.

L'usine du groupe Mondelez, autrefois Kraft, doit cesser graduellement ses activités d'ici la fin de l'année 2017. «Il s’agit d’une décision difficile, mais nécessaire, qui a été prise après un examen minutieux de notre chaîne d’approvisionnement canadienne et des occasions qui se présentaient à nous pour améliorer notre efficacité et notre efficience», a dit mercredi Olivier Bouret, vice-président, Chaîne d’approvisionnement intégrée, biscuits et craquelins, Amérique du Nord.

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