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Maladie mentale de Frédérick Gingras

«Sa place était clairement à l'hôpital»

TVA Nouvelles

La place d’un individu comme Frédérick Gingras, qui aurait reçu un diagnostic de schizophrénie il y a quelques années, était clairement à l’hôpital, croit le psychiatre et directeur des services professionnels de l’Institut Philippe-Pinel, Gilles Chamberland.

«Le problème c’est d’amener ces individus à l’hôpital. En ce moment, pour envoyer un citoyen à l’hôpital contre son gré il faut être capable de démontrer qu’il présente un danger et pour que les policiers amènent quelqu’un à l’hôpital il faut même que le danger soit grave et immédiat. Pour qu’un juge envoie quelqu’un à l’hôpital, il faut aussi démontrer un danger», dit M. Chamberland.

Aux prises avec ses problèmes de santé mentale et ses problèmes de drogue, il se serait retrouvé à plusieurs reprises devant les tribunaux.Gingras venait notamment tout juste de sortir de l'Établissement de détention de Saint-Jérôme où il  passé tout son séjour à l'infirmerie. Sa famille tentait d’ailleurs depuis des mois, voire des années, de lui venir en aide, mais en vain.

«Souvent nos patients peuvent être très dangereux, mais dès qu’ils sont soignés, dès qu’ils prennent leur médication et qu’ils cessent de consommer ils deviennent moins dangereux et à ce moment-là on n'a aucun moyen de les forcer à consulter», ajoute-t-il.

Comme Gingras éprouvait des problèmes avec sa médication, mais également avec la consommation de drogue, la grande question, selon le psychiatre, est de savoir si c’est la drogue qui a causé les problèmes de santé mentale ou l’inverse.

«Est-ce qu’il était souffrant et qu’il prenait de la drogue pour se soulager parce qu’on voit souvent nos patients essayer de s’autotraiter avec des drogues ou si c’est la drogue qui a causé la maladie et qu’entre les prises de drogue il était relativement normal?».

Selon Gilles Chamberland, le fait d’avoir imposé des conditions à Frédérick Gingras n’a servi à rien.

«Si la psychose se développe, ces conditions ne valent plus rien, pour les individus qui sont sous une psychose [comme celle de Frédérick Gingras] les conditions n’existent plus, il est dans son monde à lui, il entend des voix, il est probablement paranoïde et il agit en fonction d’une réalité dont on n’a aucune idée», conclut-il.

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