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Terrorisme

De grands moyens pour coincer le Gatinois Ismaël Habib

Michael Nguyen | Agence QMI

FD-COMPARUTION ISMAËL HABIB

DELF BERG/AGENCE QMI

La Gendarmerie royale du Canada n’a pas lésiné sur les moyens pour coincer un Gatinois soupçonné de terrorisme, en créant une organisation criminelle fictive impliquant au moins six agents d’infiltration.

En tout, les policiers fédéraux ont mis au point une vingtaine de scénarios pour gagner la confiance d’Ismaël Habib, a-t-on appris ce jeudi, au neuvième jour du procès de l’homme de 29 ans accusé d’avoir tenté de quitter le pays pour rejoindre un groupe terroriste en Syrie.

Les policiers se sont toutefois heurtés à quelques problèmes durant l’opération. À un moment, Habib logeait dans un appartement fourni à son insu par la GRC. Le hic, c’est que l’accusé y avait fait emménager une famille algérienne, sans prévenir qui que ce soit.

«Un agent civil a dû aller voir ce qu’il s’était passé, et dire que le patron [de l’organisation criminelle fictive] n’était pas content», a expliqué le contrôleur de l’opération.

À un autre moment, Habib devait garder un colis. Mais quelqu’un l’a ouvert. Et en janvier 2016, les policiers ont découvert que l'accusé avait invité deux jeunes hommes dans l’appartement.

«Un agent d’infiltration a dû contacter Habib pour lui dire qu’il croyait en son potentiel, mais qu’il devait arrêter de participer à de la petite criminalité», a ensuite témoigné le contrôleur de l’opération.

Un «Mr Big»?

Notons que la défense compte s’opposer à l’admissibilité en preuve de toute l’opération policière. Elle s’apparenterait à une opération de type «Mr Big», où la GRC fait croire à un suspect qu’il peut entrer dans une organisation criminelle fictive, à condition de tout avouer sur son passé, y compris le crime que les policiers cherchent à élucider.

La façon de mener une opération «Mr Big» a toutefois été balisée par la Cour suprême du Canada. Le débat autour de l’admissibilité de la preuve devrait avoir lieu lors des prochaines dates d’audience.

Enfant

Par ailleurs, durant le procès, la Couronne a déposé en preuve une vidéo où l’on voit un enfant, possiblement celui de Habib, en tenue militaire.

Les images permettent de voir le bambin jouer avec des roches dans un territoire contrôlé par le groupe État Islamique. Sauf qu'un pistolet traîne par terre. Une voix de femme, identifiée comme étant celle de la femme de Habib, incite le petit à saisir l’arme. Ce dernier s’exécute alors, et pointe l’arme à la caméra.

Cette vidéo a visiblement été dévoilée afin de renforcer la preuve selon laquelle Habib voulait partir en Syrie, comme il l’a dit à un agent d’infiltration qu’il croyait être le patron d’une organisation criminelle capable de le faire quitter discrètement le pays par conteneur.

Le procès devant le juge Serge Delisle se poursuit. Il était prévu qu'il se termine vendredi, mais de nouvelles dates pourraient s’ajouter.

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