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Montréal

82 millions $ pour une application qui prédit le prix des billets d’avion

Martine Turenne | Agence QMI

Hopper, une application mobile qui analyse et prédit le prix des billets d’avion, vient de recevoir un financement de 82 millions $, dont 40 millions $ de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

La CDPQ a mené le financement pour l’autre moitié, qui implique Investissement Québec, Brightspark Ventures, Accomplice, OMERS, et BDC Capital IT Venture Fund. Les actionnaires actuels de l’entreprise ont également participé à cette ronde de financement.

Hopper, dont le siège social est établi à Montréal, compte utiliser les fonds recueillis pour accélérer sa croissance, étendre sa présence internationale et conclure des ententes avec de nouvelles compagnies aériennes partout dans le monde.

«Ça nous a pris cinq ans, et 12 millions $ avant de rendre publique cette  plate-forme qui est uniquement disponible sur les mobiles», a dit Frédéric Lalonde, chef de la direction et cofondateur de Hopper.

La plate-forme observe en temps réel plus de 300 milliards de prix de vols de billets par mois.

«Pour la Caisse, Hooper est plus qu’une application», dit Christian Dubé, premier vice-président, Québec, à la CDPQ. «L’entreprise évolue dans ces secteurs en croissance que sont le voyage en ligne et la technologie mobile. Et l’application vise les milleniums, les 18-35 ans, qui aiment ce genre de services à valeur ajoutée.»

Le marché des ventes de billets d’avion en est un de 500 milliards $ dans le monde. «C’est la plus grosse catégorie de biens de consommation en ligne, a souligné Frédéric Lalonde, devant l’hébergement, prochain champ d’expansion de Hopper. Il y a tellement d’espace pour croître dans l’industrie du voyage.»

Hopper est la deuxième application mobile la plus populaire dans son secteur, après celle de Tripadvisor.

Précis à 5 $ près

Hopper est la seule capable de prédire le prix des billets d’avion avec une précision de 95 % jusqu’à un an d’avance, soit à 5 $ près. L’entreprise s’est constituée au cours des dernières années une gigantesque base de données comprenant 5,2 mille milliards de tarifs! Elle recommande à ses utilisateurs de réserver immédiatement ou d’attendre avant d’acheter.

«En moyenne, nos clients sauvent 50 $ par billets, mais ça peut aller jusqu’à plusieurs milliers de dollars», selon Frédéric Lalonde.

«Ça fait sept ans qu’on suit la compagnie, a souligné Christian Dubé. On s’est intéressé à l’écosystème de l’intelligence artificielle, aux algorithmes.»

Ces algorithmes peuvent aussi prévoir la volatilité des marchés et les fluctuations des cours du pétrole. Le passé est souvent garant de l’avenir. «En éliminant la possibilité d’une catastrophe mondiale, a dit M. Lalonde, la manière dont les prix évoluent sont assez prévisibles.»

L’application envoie à ses utilisateurs plus de 20 millions de notifications par mois, et 90 % des ventes en découlent directement. La moyenne entre le début des recherches et l’achat est de 90 jours.

La rentabilité attendra

Hopper encaisse 5 $ par billet vendu, du client, et reçoit une compensation des lignes aériennes «ultra variables», a dit M. Lalonde. L’application est gratuite, «et il n’y aura pas de pubs de mon vivant».

En 2016, Hopper a vu le nombre de ses utilisateurs passer d’un million à plus de 10 millions. Les ventes ont été multipliées par 23 au cours de la même période. Elle vend pour 1 million $ de vols quotidiennement dans 126 pays.

L’entreprise pourrait être rentable aussi tôt que l’an prochain, croit son cofondateur, mais là n’est pas le but. Avec son nouveau financement, Hopper souhaite d’abord accélérer son développement et son expansion mondiale.

«Au cours de l’année 2017, nous établirons une présence dans plus de 20 pays en Europe, en Amérique du Sud et en Asie», a expliqué Frédéric Lalonde. Il vise une centaine de millions d’utilisateurs du logiciel d’ici 24 à 36 mois.

Hopper aurait été courtisé par plusieurs sociétés d’investissements américaines, mais la CDPQ était le premier choix, a dit M. Lalonde. «La Caisse a un historique et une expertise  profonde en capital de risque», a-t-il indiqué.

«Pour la Caisse, renchérit Christian Dubé, être présent dans ce secteur est très important. On veut faire des rendements, mais on veut aussi appuyer cette nouvelle économie. »

À Montréal pour y rester

Hopper compte une quarantaine d’employés et souhaite en embaucher plus de 120 d’ici la fin de 2017. Le siège social est sur la rue de Gaspé, à Montréal, et l’entreprise a aussi un bureau à deux rues du MIT, à Boston, où travaillent quelques ingénieurs en informatique et docteurs en mathématiques.

«Hopper va rester à Montréal, car l’entreprise a accès, ici, à un très bon bassin de futurs employés qualifiés», a dit Christian Dubé.

L’application a reçu plusieurs prix prestigieux, dont le «App Store Best of 2015» d’Apple.

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