/news/politics

Dossier Premier Tech

Premier tech a fait du lobbyisme illégal

Charles Lecavalier

 - Agence QMI

premiertech.com

L’ex-ministre et ancien collecteur de fonds libéral Marc-Yvan Côté a contrevenu aux règles en faisant pression sur Sam Hamad dans l’affaire Premier Tech, et l’entreprise reçoit trois constats d’infractions pour avoir fait du lobbyisme illégal.

«Il y a eu des activités de lobbyisme de M. Côté auprès de M. Hamad qui n’a pas fait l’objet d’inscription au registre», conclut le Commissaire au lobbyisme François Casgrain dans un rapport dévoilé mercredi.

L’enquête, déclenchée à la suite d’un reportage de l’émission «Enquête», démontre que M. Côté a rencontré Sam Hamad alors que celui-ci était ministre de l’Emploi puis ministre des Transports. M. Côté n’aura toutefois pas de constat d’infraction puisque ces incartades sont prescrites au plan pénal: le délai de prescription n’est que d’un an.

Premier Tech reçoit tout de même trois constats d’infraction à l’égard d’activités de lobbyisme qui auraient été exercées par des représentants de l’entreprise auprès de titulaires de charges publiques entre les mois d’octobre 2008 et de février 2016.

Le vice-président développement corporatif de la compagnie du Bas-du-Fleuve, Yves Goudreau, est visé par deux constats d’infraction le 20 décembre.

Le troisième constat a été signifié le 15 décembre à Jean Bélanger, président et chef de l’exploitation chez Premier Tech, «pour ne pas avoir porté au registre, au plus tard le trentième jour suivant le changement, l’information concernant l’exercice de nouvelles activités de lobbyisme pour le compte de Premier Tech».

Le Commissaire note que l’entreprise a des mandats inscrits au registre des lobbyistes depuis le 13 mai 2009, mais que son enquête démontre que plusieurs activités de lobbyisme n’étaient pas répertoriées.

Pour la députée péquiste Agnès Maltais, il s’agit d’une autre gifle pour Sam Hamad. «Il s’agit d’une autre preuve que contrairement à ce qu’avait affirmé le premier ministre l’automne dernier, les problèmes éthiques du PLQ ne sont pas chose du passé», a affirmé Mme Maltais dans un communiqué.

Le ministre Pierre Moreau, de retour à l’Assemblée nationale après un long congé maladie, a défendu son collègue Hamad lors d’une mêlée de presse. «Ce que le Commissaire dit, c’est qu’un tiers, extérieur au gouvernement, n’a pas respecté les règles», a lancé ce dernier. Il estime que le gouvernement ne peut être tenu responsable des agissements de M. Côté.

Dans la même catégorie