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Réal Béland, un père avant-tout

François Hamel | Agence QMI

Sébastien St-Jean / Agence QMI

L’équipe de «7Jours» a suivi l’humoriste alors qu’il participait à la grande guignolée des médias, le 8 décembre dernier. Au cours de la journée, l’homme de 45 ans s’est confié généreusement à propos de sa vie, sur les plans personnel et familiale, ainsi que sur les raison qui l’ont poussé à effectuer un changement de cap radical.

Réal, que signifie La grande guignolée des médias pour toi?

C’est un beau moment. Quand je peux me servir de mon nom pour promouvoir une bonne cause, je trouve ça vraiment extraordinaire. C’est une façon simple et efficace d’aider les autres et de sensibiliser les gens à une cause qui me touche. J’ai des enfants qui ont des amis moins fortunés; je trouve important et essentiel de m’impliquer.

De mémoire, tu as quatre enfants, dont une fille dans la vingtaine. C’est exact?

Oui; Charlotte a 21 ans, Juliette en a 15, Béatrice, 10, et Emma, 9.

Tes plus jeunes filles t’ont-elles posé des questions à propos de La grande guignolée des médias?

Absolument. Par exemple, elles se demandaient pourquoi je devais me lever si tôt aujourd’hui, soit à 4 h 30 du matin. Je leur ai expliqué ce que je m’en allais faire et dans quel contexte j’allais poser ce geste.

En bientôt 29 ans de carrière — que tu as d’ailleurs amorcée à l’âge de 17 ans —, t’es-tu souvent impliqué auprès de différentes causes?

Oui, mais, honnêtement, j’en parle rarement dans les médias. J’éprouve parfois un certain malaise à rendre mon geste public. Par exemple, j’ai beaucoup soutenu des organismes qui viennent en aide aux enfants dyslexiques, car mes deux filles aînées vivent avec ce problème. J’ai donc organisé des collectes de fonds pour cette cause.

Y a-t-il différents niveaux de dyslexie?

Oui; la dyslexie se manifeste de trois façons, soit à l’écrit, à l’oral ou sur le plan de la motricité. Je souffre moi-même d’une dyslexie qui se manifeste par des troubles moteurs, je peux avoir de la difficulté à synchroniser mes mouvements.

Depuis longtemps?

Oui, mais je l’ignorais! (sourire) Je l’ai constaté au moment où je suis devenu père. Ce sont mes filles aînées qui me l’ont fait réaliser. Au cours de ma vie, j’ai toujours fait de la musique. À quatre ans, j’ai commencé à jouer du piano, mais j’étais incapable de faire en sorte que mes deux mains soient synchronisées. J’ai alors abandonné le piano pour me mettre à la trompette, mais là encore, j’éprouvais de la difficulté à synchroniser mes mouvements quand je lisais la musique. J’ai finalement découvert que je souffre de dyslexie motrice. J’ai quand même toujours bien fonctionné, mais encore aujourd’hui, au niveau de la lecture, par exemple, il peut m’arriver de lire deux fois la même ligne, car mes yeux ne se synchronisent pas avec le texte. Certaines journées sont pires que d’autres... Mes problèmes de lecture surviennent surtout quand je suis fatigué.

Tes aînées rencontrent-elles le même genre de difficultés?

Juliette, ma fille de 15 ans, oui. Elle éprouve principalement des difficultés sur le plan de la motricité, mais aussi un peu à l’écrit et à l’oral. Quant à Charlotte, elle est surtout affectée sur le plan de l’écriture et de la parole. Ç’a été difficile pour elle de terminer sa cinquième secondaire. Elle y est parvenue de peine et de misère, avec beaucoup d’aide. D’ailleurs, il n’y a pas énormément d’aide dans les écoles...

Vers quel domaine Charlotte veut-elle se diriger?

La musique et le chant. Elle joue du piano et de la guitare, et elle compose. Elle chante merveilleusement bien! Nous pourrions parler de la dyslexie longuement, mais nous nous rencontrons d’abord et avant tout à l’occasion de La grande guignolée des médias, afin de discuter de l’importance de s’impliquer.

Dis-moi, ton propre père était-il un homme impliqué?

Oui. Je me souviens que lorsque j’étais tout petit, mon père choisissait chaque année un enfant en difficulté de son entourage, et il l’habillait. Il allait au magasin avec lui et il lui achetait des vêtements. Puis, souvent, il passait une commande à l’épicerie pour sa famille. C’était sa façon à lui d’aider les autres.

Ton père, lui-même célèbre, est décédé alors que tu avais 12 ans. Selon toi, que t’a-t-il légué de plus précieux?

L’importance de la famille. Mon père passait beaucoup de temps avec moi. Je sentais vraiment que je passais avant tout. Il faut dire qu’il m’a eu alors qu’il était assez âgé, soit à 51 ans. Il était à la fois un père et un grandpère pour moi. (sourire) Il me consacrait beaucoup de temps, et j’ai essayé de faire de même avec mes filles.

Dès que tu as eu des enfants, ta famille est devenue une priorité?

Non, parce que j’ai eu Charlotte alors que j’étais jeune... (sourire) Au début, je travaillais trop. On dirait que je n’étais pas conscient que j’étais en train de passer à côté de belles choses. Quand elle a eu 12 ans, j’ai eu une espèce de révélation. Je me suis dit: «Je ne connais pas bien ma fille, je ne m’en suis pas bien occupé, ma blonde a tout fait... Dorénavant, je vais moins travailler.»

Quel a été le déclic qui t’a fait changer ta façon d’organiser ta vie?

C’est vraiment quand Charlotte a eu 12 ans. C’est l’âge que j’avais quand j’ai perdu mon père. Je me suis dit que je devais être présent pour elle, et c’est ce qui est arrivé.

As-tu refusé des contrats à partir de ce moment-là?

Énormément. Je me suis assis avec mon agent et j’ai établi des règles. Je ne devais pas travailler à telle heure, telle journée, à telle période de temps... J’ai aussi refusé de participer à toutes sortes d’activités connexes. Par exemple, je me souviens d’une année où j’étais en nomination aux Olivier et que je ne suis pas allé au gala.

Parlant d’humour, tu prépares un nouveau spectacle, Faire semblant...

Oui, ce sera mon quatrième spectacle solo.

Où en es-tu dans la préparation?

Je vais commencer le rodage à compter du mois de mars! J’y parle de ma perception du futur et de l’évolution des réseaux sociaux, de la publicité omniprésente et du phénomène du vieillissement. Je parle également de nos rêves rendus possibles quand on arrête de «faire semblant»...

Les billets du spectacle «Faire semblant» sont présentement en vente et le DVD du spectacle «Une autre Planète» est en vente en magasin. Pour suivre les activités de Réal, visitez realbeland.com.