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Granby

Il aurait détenu de la porno juvénile involontairement

Christopher Nardi | Agence QMI

Même s’il avait de «sérieuses réserves sur les explications de l’accusé», un juge a acquitté un homme d’avoir possédé et distribué des centaines d’images et vidéos de pornographie juvénile parce qu’il jure qu’il l’avait fait involontairement.

Le 19 juillet 2014, les policiers arrêtaient Luc Veillette dans le cadre d’une vaste opération pancanadienne des producteurs et distributeurs de pornographie juvénile.

À la suite d’une perquisition le mois précédent, les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) avaient trouvé 830 photos et 25 vidéos de pornographie juvénile sur des disques durs appartenant à M. Veillette, en plus de 33 autres fichiers destinés à «l’exportation» à d’autres internautes, selon un jugement rendu en décembre dernier par la Cour du Québec.

Téléchargés involontairement

Or, le résident de Granby a juré devant le juge Serge Champoux qu’il avait téléchargé tous ces fichiers involontairement.

M. Veillette a indiqué à la Cour qu’il utilisait un programme de partage de dossiers entre internautes (communément appelé le pair à pair) pour trouver de nouvelles partitions musicales et des manuels sur le bricolage.

Or, pour pouvoir accéder à la banque de documents, il faut également avoir une «bibliothèque» de fichiers que d’autres utilisateurs peuvent télécharger en échange.

Il téléchargeait donc de la pornographie, qui abonde dans ce type de programme, pour garnir sa bibliothèque tout en prenant le soin d’éliminer ce qui semblait être de la porno juvénile, selon les arguments inscrits dans le jugement.

Or, le père de l’ex-accusé serait tombé gravement malade pendant quelques mois, ce qui l’a empêché de faire le tri du matériel téléchargé, apprend-on dans la décision. Étant donné que ces documents se retrouvaient dans sa «bibliothèque», d’autres internautes ont ensuite pu les télécharger.

Même s’il dit avoir «de très sérieuses réserves» quant aux arguments de M. Veillette, le juge a tranché que la preuve «défaillante» des procureurs «ne permet pas d’écarter tout doute raisonnable» et a finalement acquitté l’accusé.

M. Veillette n’a pas rappelé «Le Journal de Montréal».