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Meurtre de sa colocataire à Granby

Alex Lacasse-Daudelin plaide coupable

Jean-Francois Desbiens | TVA Nouvelles

Alex Lacasse-Daudelin a plaidé coupable au palais de justice de Granby, mardi, à une accusation réduite d'homicide involontaire pour avoir tué sa colocataire en janvier 2016 dans cette ville de la Montérégie.

L'accusé de 26 ans et la victime de 45 ans partageaient un logement sur l'avenue du Parc à Granby. Il y a un an jour pour jour, il tuait Caroline Choinière de 62 coups de couteau.

Le jeune homme souffre de problèmes de santé mentale, mais aussi de toxicomanie, une combinaison souvent dangereuse.

Lors des tragiques événements, Alex Lacasse-Daudelin était intoxiqué par l'alcool et les drogues; il était dans un état de décompensation et de paranoïa.

Désorganisé en raison d'une intoxication volontaire, son avocat ne pouvait pas plaider l'article 16 et la non-responsabilité criminelle.

«Aux policiers, il décrivait avec une certaine lucidité ce qu'il avait fait, mais les enquêteurs ont été incapables de prendre sa déposition tellement son discours était incohérent. Il apparaissait clair qu'il n'était pas dans un état d'avoir formulé l'intention de tuer madame Choinière», a souligné son avocat Patrick Fréchette.

«Dix ans, c'est selon la jurisprudence, une peine équitable. On évite un procès, les proches de la victime en sont soulagés. En prenant en considération les circonstances de l'affaire, c'est tout à fait approprié», a mentionné Me Geneviève Crépeau de la poursuite.

Accusé à quelques reprises de voies de fait avec lésions à la suite d'épisodes possiblement psychotiques, Alex Lacasse-Daudelin avait obtenu son congé de l'hôpital quelques jours avant les tragiques événements.

Selon des voisins, les policiers sont intervenus à deux reprises la journée du drame parce qu'il parlait seul à voix haute et dansait devant sa fenêtre de chambre.

La fille de la victime, Maude Choinière, garde peu de rancoeur envers l'accusé même si elle lui reconnaît une part de responsabilité. «Il a un problème de santé mentale, mais un fait demeure, personne ne le forçait à prendre des drogues au lieu de ses médicaments. Pour cela, je lui en voudrai toujours un peu. Ce que je déplore, c'est qu'il y a eu de nombreux signes précurseurs que ça n'allait pas dans sa tête. Ça aurait dû sonner des cloches à quelqu'un pour que des précautions soient prises. Sa place n'était sûrement pas chez lui avec ma mère quand c'est arrivé», a dit la jeune femme de 20 ans.

Alex Lacasse-Daudelin était détenu en psychiatrie à l'hôpital depuis son arrestation il y a un an. Dans les prochaines semaines, il devrait être transféré dans un pénitencier.

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