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Compressions dans les soins spirituels

Au Québec, «faut mourir entre 8h et 16h»

TVA Nouvelles

Les soins des personnes âgées et en fin de vie dans les hôpitaux et les CHSLD du Québec sont gravement touchés par les compressions. Et ceux que l’on appelait autrefois les aumôniers, ou les animateurs de pastorale, sont en voie de disparition.

Les intervenants en soins spirituels, qui accompagnent les personnes âgées, les personnes en fin de vie et leurs familles, ne sont souvent pas remplacés lorsqu’ils quittent pour la retraite. Les quarts de travail de soir et de week-end ont même été coupés dans certains établissements dans la province.

«Si une personne décède pendant la nuit, malheureusement, l’intervenant ne sera pas appelé», a expliqué Carolle Dubé, de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé (APTS), en entrevue avec TVA Nouvelles.

«Faut mourir entre 8h et 16h parce qu’après ça, il n’y a plus de service d’accompagnement. C’est inacceptable dans notre société», a ajouté Mme Dubé.

Des intervenants lancent un cri du coeur au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, afin de permettre aux personnes mourantes d’être accompagnées vers la mort, peu importe quand elles décèdent.

«Le ministre Barrette a le devoir de s'assurer que les patients en fin de vie accèdent aux services auxquels ils ont droit. C'est une question de dignité», a indiqué l’APTS dans un communiqué.

Par exemple, le CHUM compte 9 intervenants en soins spirituels alors qu’il y en avait 11 en 2015 dans le centre hospitalier, bien que les soins spirituels soient considérés comme des soins essentiels dans la Loi sur les services de santé et les services sociaux (LSSS).

L’APTS, avec ses 32 000 membres, représente 272 intervenants en soins spirituels au Québec.

«Les intervenants en soins spirituels ont des responsabilités multiples, qui demandent du doigté et une connaissance fine de la spiritualité humaine. En plus d'administrer les sacrements, ils offrent du soutien aux proches, organisent des activités de pastorale et participent, au sein des équipes multidisciplinaires, à l'élaboration des plans d'intervention», peut-on lire dans le communiqué émis par l’APTS.