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Remaniement ministériel à Ottawa

Stéphane Dion quitte la vie politique active

Agence QMI

Le premier ministre Justin Trudeau a procédé mardi à la nomination de Chrystia Freeland comme ministre des Affaires étrangères et sensiblement au même moment, le député montréalais Stéphane Dion a annoncé son départ de la vie politique.

«Maintenant, je vais déployer mes efforts en dehors de la politique active», a écrit Stéphane Dion dans un communiqué, alors que M. Trudeau continuait de dévoiler les nouveaux membres de son cabinet dans un remaniement ministériel.

Communiqué Stéphane

gracieuseté, sdion.liberal.ca

Dans une déclaration écrite, Stéphane Dion a conclu en disant que «la politique n’est pas la seule façon de servir son pays», sans préciser quelle fonction l’attendait pour la suite des choses.

Élu sans interruption dans sa circonscription de Saint-Laurent à Montréal depuis 1996, le père de la loi sur la clarté référendaire a aussi été chef du Parti libéral du Canada, et donc de l’opposition officielle, de 2006 à 2008. Il avait mordu la poussière aux élections générales de 2008 contre les conservateurs de Stephen Harper.

En point de presse, Justin Trudeau a souligné que Stéphane Dion «a servi de façon extraordinaire son pays depuis bien des années».

«Il va continuer de servir son pays», a-t-il ajouté, précisant lui avoir demandé «d’entreprendre une tâche extrêmement importante pour moi», possiblement dans la diplomatie canadienne.

Le poste de ministre des Affaires étrangères, qu’occupait Stéphane Dion, a été confié à Chrystia Freeland.

Aussitôt nommée, Mme Freeland marche sur des œufs avec ses interlocuteurs russes.

En 2014, Mme Freeland, ainsi que d’autres députés conservateurs, libéraux et néodémocrates, avaient été interdits de séjour en Russie, dans la foulée de la crise ukrainienne.

Questionnée à savoir si son nom figurait toujours sur cette liste noire, Mme Freeland a répondu: «Je ne sais pas. C’est une question pour la Russie».

Ayant vécu durant quatre ans à Moscou, Mme Freeland se dit «profondément attachée» à la culture et la langue russe, qu’elle maîtrise par ailleurs.

Son parcours, croit-elle, lui permettra d’engager un dialogue constructif avec l’administration de Vladimir Poutine.

François-Philippe Champagne, député de Saint-Maurice-Champlain, hérite quant à lui du titre de ministre du Commerce international. Il s’agit d’une promotion pour le Québécois qui agissait jusque-là comme secrétaire parlementaire du ministre des Finances.

Le portefeuille de M. Champagne sera toutefois amputé d’un gros morceau puisque Mme Freeland continuera de piloter le dossier des relations canado-américaines, y compris ceux liés aux échanges commerciaux.

L’avocat de formation n’y voit pas un signe que le premier ministre souhaite d’abord le mettre à l’essai avant de lui donner plus de responsabilités.

«Il faut se rappeler qu’il y a énormément de relations qu’il faut développer comme pays. La planète, c’est grand. Alors, avoir quelqu’un qui peut se dédier à ça, je pense que c’est la bonne chose à faire», a-t-il déclaré à l’issue de son assermentation.

Parmi les autres nominations, un jeune député ontarien d’origine somalienne, Ahmed Hussen, obtient le ministère de l'Immigration. Ce poste avait auparavant été confié au vétéran John McCallum, qui devient ambassadeur en Chine.

S’il s’est d’abord dit «surpris» par la proposition de Justin Trudeau, M. McCallum estime que c’est comme un défi intéressant à relever. «Après avoir entendu ses arguments, je me suis dit que c’était une bonne chose pour moi et le Canada», a-t-il commenté.

La députée MaryAnn Mihychuk retourne quant à elle sur les banquettes arrières. Son poste de ministre du Travail lui échappe pour atterrir dans les mains de Patty Hajdu, qui était à la Condition féminine.

Une autre femme se hisse au cabinet: Karina Gould, qui passe de secrétaire parlementaire de la ministre du Développement international à ministre des Institutions démocratiques, à la place de Maryam Monsef. Cette dernière récupère la responsabilité de la Condition féminine.

Pour les partis d’opposition, ces changements au cabinet ne sont que cosmétiques, ont-ils décrié.

En bref:

- Chrystia Freeland devient ministre des Affaires étrangères

- Le député de Saint-Maurice-Champlain François-Philippe Champagne devient ministre du Commerce international

- Patty Hajdu accède au ministère de l'Emploi, du Développement de la main-d'oeuvre et du Travail

- Maryam Monsef devient la ministre responsable de la Condition féminine

- Karina Gould devient ministre des Institutions démocratiques

- Ahmed Hussen nommé ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la citoyenneté

- Stéphane Dion quitte la vie politique

- John McCallum devient ambassadeur en Chine

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